‹ ThéâtreChapitre 85 sur 210 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

SEXTUS

Létonnement , l'horreur, le mépris qu'il -inspire, Peuvent seuls égaler l'excès de ce délire. De ce lâche complot la fortune et les dieux Ont enfin découvert le mystère à mes yeux ; Et dans l'affreux désordre où mon âme est plongée , De mon propre intérêt leur bonté s'est chargée : Ils ont fait mon devoir ! Amour , cruel poison , A quel point de Sextus troubles-tu la raison ! Quand Brutus me parlait, quelle exécrable idée, Malgré moi, renaissait dans mon âme obsédée! Lucrèce!... à cette horreur, moi , je consentirais! Du sein de tes foyers, -moi, je t'arracherais!... Outrageant tous les droits... O désespoir! ô rage!... O trop juste transport d'un amour qu'on outrage ! Cher et coupable espoir, oui, tu seras rempli, Et déjà, dans mon cœur, le crime est accompli. Le crime! qu'ai-je dit, et quelle erreur m'égare! Quoi! déjà le remords de mon âme s'empare! Un crime... en serait-ce un que de reconquérir Un bien qui de tout temps me dut appartenir? Ma raison , trop timide , et m'aveugle et m'abuse ;

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