UNE ÉPOQUE. — UN CARACTÈRE
La pitié, la tendre commisération que j'ai dans le cœur pour l'espèce humaine et pour ses misères me font souvent sentir la passion que l'on met à combattre une maladie dans une personne qui nous est chère, à la voir revenir à la vie.
Si je l'ai éprouvé près de ma mère, près de ma femme, cela n'est point surprenant, ayant pour elles tant de tendresse ; mais cela m'a fait comprendre les secrètes et angéliques joies que pouvait goûter le chevalier hospitalier de Saint- Jean de Jérusalem et son amour pour ses blessés et ses malades.
Il sera bon de faire un roman intitulé l'Hospitalier et le Templier.
L'un dévoué à l'humanité souffrante, l'autre à l'adoration mystique.
27 juin.
Le monde de la poésie et du travail de la pensée a été pour moi un champ d'asile que je labourais, 11. 14
et où je m'endormais au milieu de mes fleurs et de mes fruits, pour oublier les peines amères de ma vie, ses ennuis profonds, et surtout le mal intérieur que je ne cesse de me faire en retournant contre mon cœur le dard empoisonné de mon esprit pénétrant et toujours agité.