‹ [Théâtre]Chapitre 245 sur 262 · BISSON · texte numérisé non relu

BISSON

Bisson se fait sauter avec les pirates qui ont pris son vaisseau pendant la nuit et le sommeil.

Il veillait et travaillait dans son cabinet flottant. Il se demandait comment la vapeur allait vaincre la distance et le temps, le vent et la mer, et rendre inutile l'homme de mer expérimenté dans l'art de tromper le vent par la voile et les mâts. Il s'endort.

Mais il entend des cris et des pas sur le pont.

Il s'éveille, il combat ; puis se fait sauter, et se rendort sous les flots pour toujours.

Telle est la vie... c'est un accident sombre.

Entre deux sommeils infinis ?...

Tel est l'homme moderne en France. L'honneur est sa foi, la conscience sa morale, le devoir sa loi ; il est actif et savant. Sa science première est celle de son état ; il ne veut plus permettre à son imagination d'errer dans les champs de la théologie et de la superstition ; il combat et sert la patrie et l'espèce humaine dans les temps présents, sans vouloir préjuger de l'éternité. Il désire que Dieu

soit et qu'il reçoive le juste dans sa paix ; mais il

ne croit pas toujours et n'affirme plus. Quelle est

l'idée qui soutient son courage ? Il ne le dit même

pas.

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