UN HÉROS
Un mépris profond m'avait saisi.
La satire amère sortait de mon cœur et répandait au dehors ses flots verts.
Mais j'ai vu ceux dont le sang a coulé, et mon âme a surmonté ce torrent dans lequel elle allait être submergée pour toujours.
J'ai vu des choses belles et grandes, des choses d'hier, et je veux les chanter.
Roi Charles- Albert, vous avez combattu comme Sobieski pour des ingrats. Vous avez délivré Milan, Milan a fait feu sur vous ; Gênes a pris les armes pour renverser votre trône.
Alors, vous avez crié : « A la rescousse ! » comme les chevaliers et comme Amadis de Gaule avec Galaor et Esplandian, quand vous avez chargé les hussards de Hongrie.
Vous êtes revenu couvert du sang des ennemis et du vôtre, laissant vos chevaux morts entre vos éperons, et, comme Roderick le Goth, vous avez quitté la bataille et la couronne en passant à pied sur les corps de vos lanciers.
Vous avez préféré la solitude à un trône souillé par le .vainqueur tudesque, ou sapé par les condottieri.