‹ [Théâtre]Chapitre 256 sur 262 · AUTRES FRAGMENTS DE SATAN SAUVÉ · texte numérisé non relu

AUTRES FRAGMENTS DE SATAN SAUVÉ

Je vais te révéler les éternels secrets. — Un mal universel accable la nature, Une douleur profonde est dans la créature, Depuis le premier ange établi dans les cieux Jusqu'au dernier mortel trop petit pour nos yeux. Depuis le monde ancien dont l'anneau brille et roule Jusqu'au dernier soleil scintillant dans la foule, Tout se débat en vain dans la chaîne de fer Dont un Seul a lié le ciel, l'homme et l'enfer. Chacun pleure en courbant une tête asservie, Un éternel soupir est la voix de la vie A laquelle répond dans l'âge illimité Le soupir éternel de l'immortalité.

Une nuit, j'errais seul à pied, dans la montagne Dont la gorge est en France et le dos en Espagne.

Moi, j'allais sur son front et je me croyais grand Pour avoir sous mes pieds l'eau verte du torrent. J'allais donc triomphant sur cette énorme tête Dont la neige est le casque et le glacier la crête, Dont le roc est l'armure, et jusqu'à l'horizon Je voyais se traîner sa robe de gazon. C'était elle, c'était l'énorme sentinelle Que Dieu même posa comme garde éternelle Séparant à la fois vagues et passions, Ici deux océans et là deux nations.

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