‹ [Théâtre]Chapitre 42 sur 262 · ACTE II — SCÈNE XI · texte numérisé non relu

ACTE II — SCÈNE XI

Le bon Etienne, Que Dieu soutienne, Fut un grand roi, Un bien digne homme, Plus économe Que toi ni moi.

Son manteau jaune Coûtait par aune Un sou tournoi :

Toi, petit page De bas étage Qui fais tapage, Le vaux-tu, toi ?

Ta vieille veste Est plus modeste Qu'un habit leste.

Mets-la, crois-moi.

Fuis comme peste L'orgueil funeste, Sois doux et preste, Sers, verse et boi.

CASSIO

Par la terre et le ciel ! c'est un couplet divin.

YAGO, riant.

Vous êtes bien poli. Ce fut en Angleterre Que je Tappris ; ce peuple a te vrai caractère Du solide buveur.

CASSIO

Répétez-le. Non, non !

Qui fait ceci devient la honte de son nom. Le ciel domine tout ; les hommes et les femmes

oo LE MORE DE VENISE

Seront jugés ensemble, et vous verrez des âmes Qui monteront au ciel, d'autres qui descendront.

Yago lui fait passer des verres pleins sans qu'il s'en aperçoive.

YAGO

C'est une vérité.

CASSIO

Sans vouloir faire affront A mes chefs, je serai sauvé.

YAGO

J'ai l'espérance De l'être aussi.

CASSIO

C'est bon, soit ; mais la lieutenance Passe avant vous, ainsi n'en parlons plus. Que Dieu Pardonne nos péchés ! Je ne vais qu'en bon lieu. Parbleu ! ne croyez pas, messieurs, que je sois ivre.

En montrant Montano.

Ceci, c'est mon enseigne ; et d'ailleurs je sais vivre. Je marche bien !

Les officiers rient.

TOUS, riant.

Très bien.

CASSIO

Je ne chancelle pas.

TOUS, riant.

Non, non !

CASSIO

J'irais tout droit pendant cinquante pas.

Il sort.

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