‹ [Théâtre]Chapitre 89 sur 262 · ACTE IV — SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV — SCÈNE IV

OTHELLO, à part.

Comme il sourit déjà !

YAGO, haut.

Soyez donc triomphant, Car je ne vis jamais plus amoureuse femme.

CASSIO, riant.

Oui, je crois qu'elle m'aime ! Ah ! c'est une bonne âme !

OTHELLO, à part.

Il a l'air de nier, mais faiblement. — Maudit ! Tu souris !

YAGO

Parlez-moi.

OTHELLO, à part.

Yago presse. Bien dit !

Bien dit !

YAGO, plus bas.

Elle se vante à tout propos dans l'île Que vous l'épouserez.

CASSIO, riant aux éclats.

Je quitterais la ville, Plutôt. Ah ! ah ! ah ! ah !

OTHELLO, à part.

Tu triomphes, Romain !

CASSIO

Grâce pour ma raison ! Moi lui donner la main ! Vous me croyez donc fou ?

OTHELLO, à part.

Ris, après ta victoire !

Yago m'a fait un signe ; il commence l'histoire, Sans doute.

CASSIO

L'autre jour, elle est venue à moi Réclamer, en public, des preuves de ma foi, Sur le bord de la mer. J'en rougis quand j'y pense. Elle vient se jeter à mon cou, s'y balance...

Il fait le geste de se suspendre au cou d'Yago. OTHELLO, à part.

Il décrit ses plaisirs sans doute et leurs propos.

— Quand verrai-je les chiens qui rongeront leurs os!

CASSIO, poursuivant.

Elle était en fureur, en larmes, et la cause Était ce beau mouchoir, voyez, pas autre chose ; Elle l'avait trouvé dans mon logis hier, Disait-elle.

Il tire le mouchoir de sa poche.

OTHELLO, à part.

Voilà mon mouchoir. Qu'il est fier, Le traître !

CASSIO

J'en ai peur, je me cache et l'évite, Et pour cela, mon cher, je m'esquive au plus vite.

Il sort.

YAGO

Adieu.

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