ACTE I, SCEN'i; II
FRANQUEYROL.
Mais non, mademoiselle, j'arrive, moi, j'arrive... 11 n'y a pas trois heures que je suis à Paris, et j'en ai bien passé deux à courir après ce scélérat sans pouvoir mettre la main dessus. D'abord, je suis allé rue Saint-Georges.
MADAME JOURDEUIL
Oh ! il n'est plus là depuis deux mois.
FRAXQUEYROL, souriunt.
Je l'ai bien vu... De la rue Saint-Georges, j'ai couru rue de l'Ouest, au nouveau domicile : personne...
LOUISE
Pas même Namoun ?
FRANQUEYROL.
Namoun ?
LOUISE
Oui, son domestique, un petit Arabe.
FRANQUEYROL.
Comment ! c'est son domestique, ce bédouin que j'ai trouvé roulé dans son burnous au travers de l'escalier... Kh ben !... il est gentil... Croiriez-vous que le drôle m'a entendu demander son maître à toutes les sonnettes de la maison, et qu'il n'a pas même tourné la tête de mon côté ?
MADAME JOURDEUIL
C'est bien de lui.
Heureusement que je me suis souvenu d'un certain diner du jeudi dont on me parlait beaucoup dans les lettres, sans quoi je serais encore à courir.
MADAME JOURDEUIL
Vraiment, je ne sais pas pourquoi Henri s'obstine à garder ce Namoun; il ne veut rien faire, il n'est bon à rien, il reste couche tout le jour. Avec cela, un charabia.
TRANQUEYROL.
Ah ! oui, le sabir... bono... macach bono, bezeff.
LOUISE
Tiens 1 vous le savez...
Ce n'est pas difficile. Depuis la conquête de l'Algérie, toutes les cuisinières parlent cette langue-là.