ACTE I, se li NE VII
LE PÈRE JOURDEUIL
Eh bien ! quoi ?... c'est de son âge... Ah ! voilà le père Borniche qui ferme la mairie...
MADAME JOURDEUIL, limiileweiil.
Vraiment ! tu crois qu'il se dérange un peu ?
LE PÈRE JOURDEUIL, toujours il la fenêtre.
Est-il maigre, ce pauvre diable !
MADAME JOURDEUIL
N'est-ce pas, qu'il a maigri?
LE PÈRE JOURDEUIL
Oh 1 il n'a jamais été bien gras. Puis c'est surtout sou habit vert qui l'allonge... lia l'air d'une cigale, li-dedans.
MADAME JOURDEUIL, stupéfaite.
Henri ! un habit vert ?
Eh ! qui te parle d'Henri ! je parle du père Borniche.
MADAME JOURDEUIL
Laisse donc le père Borniche tranquille, nous
causons de choses plus sérieuses. (Arrachant son mari
de la fenêtre.) Voyons, mon homme, je t'en prie, parle-moi raisonnablement. Tu viens de me dire qu'Henri se dérangeait. Est-ce que tu aurais remarqué quelque chose, toi aussi ?
LE PÈRE JOURDEUIL
Hé ! non ! Je n'ai rien remarqué ! d'ailleurs, où
242 LE SACUiriCE
serait le mal, si ton fils faisait comme les autres ? Tu ne sais donc pas ce que c'est que la vie d'artiste? Ce sont les plus grands qui font le plus de folies...
MADAME JOURDEUIL
Ils me feront mourir, avec leurs artistes !
LE PÈRE JOURDEUIL
Morhicu 1... Quand on a du chien dans le ventre, il faut que le chien jappe... Ah!... si tu m'avais connu du temps de l'atelier... quelle vie, mes enfants, quelle vie !... en avons-nous passé des nuits blanches avec Pipette !
MADAME JOURDEUIL, iiioiilraitl la ciiisiit,-.
Prends garde ! Louise est là.
LU PÈRE JOURDEUIL, huiisani la voix.
Tiens ! veux-tu que je te dise ? Eli bien I je serais lieureux de voir faire à ton fils quelque bonne frasque de jeunesse... C'est ce qui lui manque, il n'est pas assez jeune, ce garçon-là ! (On sonne.)
MADAME JOURDEUIL
Ah! le voilà... enfin ! (Elle court ouvrir.) LE PÈRE JOURDEUIL, allant s' asseoir à table.
Lison..., le dîner... vite 1
LOUISE, apparaît sur la porte de la cuisine, portant une soupière bleue.
J'y suis !...
MADAME JOURDEUIL, ouvrant la porte.
Oh ! c'est Namoun...