ACTE II, TABLEAU II, SCÈNE II
as raison. Il doit être allé déjeuner chez les Giraud. Je suis contente que tu aies trouvé cela... Attends que je m'asseye un peu... Je n'en peux plus. (Elle s'assied sur les roseaux.)
VIVETTE, s'agemuillant et lui prenant les mains.
Méchante marraine de se faire tant de tourment... Voyez, vos mains sont toutes froides.
ROSE
Que veux-tu 1 maintenant, j'ai toujours peur, quand il n'est pas près de moi.
VIVETTE
Peur?
Si je te disais tout ce que je pense... Est-ce que cette idée ne t'est jamais venue en le voyant si
triste...
VIVETTE
duelle idée?
ROSE
Nonl nonl il vaut mieux que je ne dise rien... 11 y a de ces choses qu'on pense ; mais il semble que d'en parler ça les ferait venir. (Avec rage.) Ah !^ je voudrais qu'une nuit toutes les digues du Rhône crèvent, et que le fleuve emporte la ville d'Arles, avec celles qui y sont.
VIVETTE
Il y songe toujours, vous croyez, à cette fille?
366 l'arlésienne
ROSE
S'il y songe !
VIVE T T E
Pourtant il n'en parle jamais.
ROSE
Il est bien trop fier.
Alors, puisqu'il est fier, comment peut-il l'aimer encore, maintenant qu'il est sur qu'elle allait avec un autre?
Ah 1 ma fille, si tu savais!... II ne l'aime plus de la même façon qu'avant; il l'aime peut-être davantage.
Mais enfin, qu'est-ce qu'il faudrait donc pour arraclicr cette femme de son cœur?
ROSE
Il faudrait... une femme.
VI V ET TE , très émue.
Vraiment? Vous croyez que ce serait possible.
ROSE
Ah ! celle qui me le guérirait, mon enfant, comme je l'aimerais !
VIVE T T E
Si ce n'est que cela. Il n'en manque pas qui ne demanderaient pas mieux... Tenez, sans aller bien