SCÈNE III
SUZETTE
En toute sincérité, je vous le demande, Léonard, trouvez-vous que je m'en sois un peu corrigée ?
LÉONARD
Corrigée de quoi, demoiselle Suzetteî
SUZETTE
Vous savez bien ce dont je veux parler... la... le... Voyons, le... mon défaut de langue, enfin... Croyez-vous qu'il ait disparu?
LÉONARD
Ma fine! demoiselle Suzette, je n'ai jamais pris srarde à ce défaut-là chez vous...
Vous croyez?... Il est vrai que j'ai fait tout mon possible pour m'en débarrasser, mais ce qui m'enrage, c'est qu'avec les gens dont j'ai l'habitude, avec Brèchemain, avec maman Brigitte, avec vous, enfin avec tous ceux dont la présence ne m'intimide pas, comment dirai-je? ne m'impressionne pas, vous comprenez...
LÉONARD
J'ai compris, demoiselle Suzette.
SUZETTE
Eh bien ! avec tout ce monde mon défaut disparaît... j'enfile les s les unes après les autres, sans effort ; mais quand je suis troublée, quand je suis émue, avec Eustache, par exemple, oh ! alors, (riant) FA me tient, fa me tient.