ACTE III, TABLEAU V, SCENE VI
ROSE
Si Je veux I (Elle l'embrasse avec fureur.) Je t'en dois tant , de ces caresses. (Elle l'accompagne jusqu'à la chambre.) Va dormir, mon chéri, va.
SCÈ'ME V
ROSE, seule.
Plus d'innocent dans la m.iison ! Si ça allait nous porter malheur... Ah! qu'est-ce que je dis là?... Je ne mérite pas cette grande joie qui m'arrive... Non! non 1 Ce n'est p.ts possible. Dieu ne m'a pas rendu un enfant pour m'en enlever un autre... (Elle courbe un instant la tète dci'ant une madone incrustée dans le mur, elle va vers la porte de la chambre et elle écoute.) Rien... ils dorment tous deux. (Elle ferme la fenêtre du fond, range quelques objets, quelques sièges, puis entre dans son alcôve et tire son rideau. — Musique de scène. — Le petit jour commence à blanchir les grandes vitres du fond.)
SCÈ'H.E VI FRÉDÉRI, ROSE, dans l'alcôve.
FRÉDÉRI, il entre à demi vêtu, l'air égaré. Il écoute et s'arrête.
(Bas.) Trois heures. Voilà le jour. Ça sera comme dans l'histoire du berger. Elle s'est battue toute la
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nuit, et puis au matin... puis au matin... (Il fait un pas vers l'cscaliir, puis s'iinêle.) Oll 1 c'est horrible!...
duel réveil ils vont tous avoir, ici!.., mais c'est impossible. Je ne peux pas vivre. Tout le temps je la vois dans les bras de cet homme. Il l'emporte, il la serre, il... Ah! vision maudite, je t'arracherai bien de mes yeux! (Il s'élance sur l'escalier.)
ROSE, appelant.
Frédéri!... Est-ce toi? (Frédéri s'arrête nu milieu île l'escalier, chancclani, les hras clcnilus.)
1< G S E , s'élançant de l'alcôve, court à la chanihre des enfants, regarde, ci pousse un cri.
Ah!... (Elle se retourne, et voit Frédéri sur l'escalier.)
Q.u'est-cc que... Où vas-tu?
FRÉDÉRI, égaré.
Mais tu ne les enteuds donc pas, là-bas, du côté des bergeries?... Il l'emporte... Attendez-moi I attendez-moi !... (Il s'élance, Rose se jette à corps perdu à sa poursuite. — Quand elle arrive à la porte qui est nu milien de l'escalier, Frédéri vient de la fermer. — Elle frappe avec rage .)
ROSE
Frédéri, mon eufant!... Au nom du ciel! (Elle frappe à la porte, la secoue.) Ouvre-moi, ouvre-moi ! ... Mon enfant!... Emporte-moi, emporte-moi dans ta mort... Ah)... mon Dieu!... Au secours! Mon enfant!... Mon enfant vase tuer... (Elle descend l'escalier, folle, se précipite vers la fenêtre du fond, l'ouvre, regarde, et tomhe avec un cri terrihlc.)