‹ ThéâtreChapitre 47 sur 235 · L'OEILLET BLANC · texte numérisé non relu

L'OEILLET BLANC

Un jardin, serre et pavillon à droite, à gauche le parc ; au fond, un mur. Sur la croisée du pavillon, un œillet blanc. — A gauche, sur le premier plan, un socle de statue.

SCE'yiE T%EiMIETlE

LE MARQ.UIS, sur la muraille du fond.

<i C'est bien ici le cliàte.iu de Saint- Vaast? — Ici même, entrez donc, marquis. » (Il saute dans le parc.) Enfin, me voici dans la place et en sûreté pour le

moment. (Il vient sur le devanl de la scène.) L'entrée

est un peu cavalière, mais que voulez-vous? Tout le monde est sorti pour cause d'émigration. En pareil cas, mieux vaut franchir le mur qu'enfoncer la porte, c'est plus gentilhomme, et puis, c'est plus tôt fait!... Tudicu! quelle aventure! quel roman, quelle odyssée 1 Traverser la Manche avec des contrebandiers dans une mauvaise barque de pcche, affronter à la fois la mer, les bleus, les gardes-côtes, la bour-

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r.isque, l'odeur du poisson, la loi sur les émigrés... Si je tombe aux mains des paysans, décapité! si je tombe aux mains des .soldats, fusillé!... sans compter que je pouvais tomber .i la mer et me noyer, (nionirant la miiraillt) OU tomber .à faux et m'estropier... Tout cela, pourquoi?... Parce qu'il a plu à une belle émigrée d'avoir une fleur de France. Décidément, marquis, tu es un héros ou un fou; mais pour le moment tu as l'air d'un gueux... Regardetoi, tes bottes sont lourdes de sable, ton catogan est rempli d'eau... Fi! le vilain gentilhomme! C'est égal, comtesse, si j'en réchappe, voilà un petit caprice qui vous coûtera cher, et vive Dieu ! ce n'est point pour des rcines-claude qu'on sera venu vous cueillir un bouquet dans votre ch.îteau de Saint- Vaast... — Çà, voyons, je ne me trompe pas, au moins?... Je n'ai pas pris un ch.îteau pour un autre?... Consultons encore les indications que nous

avons prises. (Il ouvre un carnet de poche el lit.) » Le

fief de Saint-V.iast, sur la plage normande, » c'est cela... « à cinq minutes du village du même nom... » l'ort bien. « .\u fond du parc... » j'y suis... « une Il petite porte... » voilà. « Un pavillon... » voici... (I une serre...» nous y sommes... «A l'autre extrémité, le château... » (rcgurdanl par la gauche, à travers

les arbres) je l'aperçois... Oh I oh I ici mes renseignements sont inexacts. Des locataires... on ne m'avait pas prévenu... Des fenêtres ouvertes, du linge étendu... .\h ! chère comtesse! Un drapeau aux trois couleurs flotte sur le balcon... voilà ce qu'on a fait m de votre ch.îteau... Et moi qui croyais trouver une ■ maison en deuil, des herbes sur le perron, du lierre ■ sur la muraille, et les scellés de l'araignée posés sur toutes les portes... Allons, c'est dit, mon pauvre

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