‹ ThéâtreChapitre 58 sur 235 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

VIRGINIE

Qju'y a-t-il donc de nouveau aujourd'hui?

Rien, citoyenne, rien.

Tu vois bien que c'est la paresse qui le fait parler.

La paresse, par exemple!

Assez. Je vois clair dans ton jeu, drôle... prends ces papiers et marche. Virginie Vidal est une bonne républicaine, fille d'un patriote qui ne boude pas, et fiancée à un brave de l'armée de Vendée... ces filles-là savent montrer les dents à l'occasion.

VIRGINIE

Bien parlé. (A CaJei-Vincent.) Voilà qui te rassure, poltron. (Elu marche avec Vidal par le fond.)

CADET- VINCENT, à pari, prenant les papiers sur le devant de la scène.

Oui, joliment... Que dois-je faire? si je parle, l'autre parlera et il a des preuves.

VIRGINIE

Allons, lambin.

CADET-VINCENT

J'y suis, citoyenne. (A pan.) Et s'il s'agissait d'une conspiration, si j'allais me trouver compromis... Ma foi, je n'y tiens plus... arrive qui plante, je vais tout dire. (Haut.) Citoj'en !

V 1 UAL , ait fond.

Quoi ! que vcux-tu ?

Citoyen! il faut que je t'avoue une cluise. ■

Bien, bien, je te confesserai en route.

Mais...

VIDAI., !,■ jviissiinl vers la Jvrle. Viens, nous sommes en retard.

Pourtant, je...

VIDAL

Marche donc!...

Adieu, père, à ce soir, pas trop tard, n'est-ce pas?

c A DET- VINCICN T , roin'runt liriiscpieiiienl la parle.

Citoyenne! citoyenne!

Encore.

Enferme-toi dans le pavillon, crois-moi. (Il sVhfuii.) Voilà, voilà, citoyen conventionnel. (Vidal ci

Cadel stml surlis par le fond.)

s C U N E VII

SCÈ'K.E VII VIRGINIE au fond, LE MARaUIS.

VIRGINIE, près de la porte enir'ûuverle. Dans le pavillon, pourquoi?

LE MARQUIS, sortant de la serre.

Je n'entends plus rien... ils sont tous sortis. Enfin !

VIRGINIE

due veut-il dire?...

LE MARQ.tJIS, s'épousselant.

C'est monotone de jouer à cache-cache si longtemps. En ont-ils fait des simagrées sur ce banc. Je n'entendais pas, mais je les voyais. Une scène de famille, des baisers, des larmes, de grands gestes... La petite n'est pas mal.

VIRGINIE, refermant la porte.

Bah !

LE MARQUIS hinJit et se réfugie dans la serre. Encore !

VIRGINIE, s'arrêtant sur la première marche de l'escalier.

Hein? j'ai entendu du bruit... Suis-je sotte, voilà que ce poltron est parvenu à me troubler la cervelle. (Elle monte lentement.) Est-cc que je vais prendre peur,

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moi aussi?... Peur de quoi? Allons! allons! pas d'enfantillage, si Maxime me voyait! cher Maxime... (Llle s'accoude sur la rampe.) Il faut que je lui écrive une bonne longue lettre. A cette heure, il est làbas, dans l'Ouest, loin, bien loin de moi et, pour me parler de lui, (monirant l'œillet) je n'ai plus que cette fleur... Aussi, comme je t'aime, mon bel œillet blanc! tous les matins, à mon réveil, ma première pensée est à Maxime, mais mon premier regard est à toi... C'est que tu es plus qu'une fleur pour moi, et s'il t'arrivait quelque chose... il me semble que cela lui porterait malheur...

LE .MARQUIS, se penchant hrs de la serre.

Je crois, ma parole d'honneur! qu'ils m'ont laissé la petite. (En se relevant, il fuit du bruit.)

Pour le coup, c'est dans la serre, j'en suis sure.

(Elle descend l'escalier rapidement et va droit à la serre qu'elle ouvre toute grande.) Que fais-tU là, citoyen?

LL MARQUIS, sortant.

Rassurez-vous, mon enfant, je ne vous ferai point de mal.

VIRGINIE, le faisant passer vivement.

Je suis toute rassurée, je te demande ce que tu viens faire ici ?

LE .MARQUIS

Peste! quelle gaillarde...

Ah! tu as beau froncer le sourcil et te hausser

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