SCENE I X I
VIRGINIE, avec émotion.
Ne parlez pas de sacrifice. (Munirant hx fleur.) Il faut cela pour vous sauver, je vous le donne.
LE MARQUIS
Alors, c'est seulement une aumône que vous me faites !
V I R G IN I E , égarée.
Ne m'interrogez pas... ne me demandez rien... Ce qui se passe en moi depuis une heure, je l'ignore. Je sens que je fais mal, et je ne puis me défendre de mal faire; maintenant, vous ne pouvez plus rester ici. Partez! (Tendrement, après un silence.) Je VOUS supplie de partir. (Voix au delxirs.) Miséricorde ! Il n'est plus temps.
LE M .\ K Q. U I s .
Qu'y a-t-il?
VIRGINIE, enlr'ouvrant la parle.
Mon père... des paysans... On vous cherche.
LE MARQUIS
Vous voyez bien qu'il est dit que je n'échapperai
pas. (Il x'eul sortir.)
VIRGINIE
Où allez-vous? il faut vous cacher.
LE .MARQUIS
Encore! Oh! ma foi, non. Assez de lâchetés comme cela.
Votre vie m'appartient, je l'ai bien gagnée, cachez-
140 L ŒILLET BLAXC
LE MARQUIS
A quoi bon cette nouvelle humiliation, elle ne pourra me sauver.
VIRGINIE, suppliante.
Je vous en prie... Là! dans le pavillon... Ils n'entreront pas...
LE MARQUIS, avant d'entnr dam le pavillon.
Oh ! comme je vais t'aimer, si j'en réchappe.
Les voici. (Elle va ven le fond.)
SCÈn.E X
VIRGINIE, DES Paysa.>js armés, VIDAL, CADET-VINCENT.
VIDAL, entrant le premier.
Entrez, citoyens.
VIRGINIE , Souriant.
Comme te voilà de bonne heure aujourd'hui !
(Voyant entrer les paysans.) £h ! mon Dieu ! pourquoi
tout ce monde ?
Ne t'effraie pas, petite, il paraît qu'il y a un malfaiteur caché ici, mais nous le trouverons.