‹ ThéâtreChapitre 144 sur 971 · MARIIC · texte numérisé non relu

MARIIC

Voire parole de gcntilhonnue?

FLAVV.

Quoi! tu veux?

MARIE

Sans cela, plus de jeu.

FLAVV.

Je te la donne. (^1 part.) Je suis i)ris.

MARIE, montrant une clef.

Porte de Bourgogne?

FLAVV.

J'ai perdu.

MARIE

FLAVY

MARIE

Porte du Bois.

J'ai du malheur.

Porte du Pape.

FLAVY

Non, porte du Diable.

Il lui Ij.iioL' la nuiu.

MARIE

Porte des Cygnes. {Flavyva pour lui prendre la main. Marie répète. ) Porte des Cygnes? FLAVY, s' abstenant et reculant.

Oui, oui, c'est juste.

Porte des Archers.

FLAVY

Non, non, porte du donjon de l'Aigle.

MARIE, très-émue, tendant la main.

Prenez-en deux, monseigneur, pour avoir attendu. [Continuant.) Porte...

FLAVY

Non, arrêtez,

MARIE

Ce jeu-là vous ennuie.

FLAVY, ardent.

11 me brùle, il m'enflamme; il me remplit le cœur de mille désirs.

MARIE, rt part.

Mon Dieu! mon Dieu!

FLAVY

Voyez, Marie : la nuit est sombre, nous sommes seuls. Le silence règne partout.

MARIE, désignant la porte d'entrée à gauche.

Excepté dans cette galerie, où j'entends les pas d'une sentinelle.

Fi.AVV, allant à la porte.

Si ce n'est que cela... {A la sentinelle.) Sentinelle, rentrez dans votre quartier, rejoignez vos camarades.

MARIE, "c part.

Celte clef ouvre la porte qui est au bas de cet escalier.

Ellclrsi-ii.. I.r..n.l. Tandis. jiK' Flavy ibl ail.- parlor a la sculiiicllc, Marie a vivcmcnUlolaclir' la clef iliulonjoiiilo l'Aigle, et l'a jeli'U ii.ir la feuêlrc do droite.

FLAVY, revenant.

l'Uis d'indiscret témoin, plus aucun briiil ((ui arri\e à notre oreille, que celui de nos paroles d'amour.

MARIE

Je me relire, monseigneur; a demain.

FLAVY

Demain, guerre et alarmes 1 celle nuit, bonheur et plaisir I

11 la ic^aidc aM'C |iasbioii.

MAIUE.

Ah! monseigneur, détournez de moi ces regards : ils me troublent, ils me font peur... Je sjis épouvantée...

FLAVY

Epouvanlce? pourquoi?

MÂGASli^ THEATRAL.

MAUîE.

C'est qu'il me semble que la courtoisie veut qu'un gentilhomme lempère l'ardeur de ses regards devant une femme tremblante, et ne se présente pas à elle avec ces insîrumcns de combat qui intimideraient la plus résolue.

Elle di'signe l'opeo el \c [U)iL;nuix! île Fhivj. FLAVV.

Je suis sans armes; les voici.

Il Ics.'oimc:'. Marie.

MARIE, les firenant et sur le point de les déposer sur la table.

Trop près de nous encore. Leur aspect rappelle des souvenirs de puissance et de force , et monseigneur, je pense, ne veut pas être ici un maître

qui commande?

FLAVY, (jalanl.

Un esclave qui obéit.

MARIE , désignant sa chambre.

Je vais les porter là. [Flavy sourit à Marie, et lui fait signe qu'il consent. A part.) Oh! il est temps qu'on vienne à mon aide !

Elle entre clans sa cliamLre.

FLAVV, à la fenêtre de droite.

Le jour bientôt va paraître, et un signal de bataille peut se faire entendre d'un moment à l'autre.

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SGSKE \I.

rLAVY, LA VICOMTESSE.

FLAvy, à la porte de la chambre de Marie. Marie! ma belle Marie!...

LA VICOMTESSE , paraissant à l'escalier du fond, pâle et les cheveux en désordre, à part. Mon oncle d'Arménis arriverait trop tard. FLAVY, poussant la porte de la chambre. Marie ! viens!...

LA VICOMTESSE , près dc Flavy.

Me voici.

FLAVY, au comble dc l'élonnemeni el de la colère. Vous!

LA VICOMTESSE

Vous ne m'attendiez pas, monseigneur!

FLAVY

Pourquoi n'êtes-vous point partie, madame?

LA VICOMTESSE

J'avais à vous parler. J'ai trompé d'Orbendas.

FLAVY

Mais, pour pénétrer jusqu'à moi...

LA VICOMTESSE

Voyez s'il ne manque aucune clef à ce trousseau.

FLAVY

Quoi! Marie...

LA VICOMTESSE

Elle a fait son devoir, je viens faire le mien.

FLAVY

Le vôtre?... Vous venez au-devant de ma colère , et puis vous vous plaignez d'en éprouver les effets...

LA VICO.UTESSE.

Ce n'est pas de votre colère qu« je me plains, c'est de votre amour pour cette jeune lillc...

FLAVY

Encore I

LA VICOMTESSE

Toujours! jusqu'à ce que je meure!...

FLAVY

Sortez, madame.

LA VICOMTESSE

Je ne sortirai pas que vous n'ayez remis cette jeune fille entre mes mains.

FLAVY

Sortez, vous dis-je... Nous nous avilissons tous deux, et c'est vous qui le voulez...

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