SCENE II
Les Mêmes, SAMUEL, sur le perron; à sa droite, LE CONSTABLE, en grand costume, un papier à la main. Autour, DES SOLDATS et DES Valets ponant des torches.
LE CONSTABLE
Bonnes gens de Dublin, écoutez tous... ( // se découvre; le peuple l'imite. Lisant. ) « Le parle- » ment d'Angleterre, convoqué en cette ville de » Dublin par l'ordre et sous la présidence de très- » haut et très-puissant seigneur, Edouard, comte » de Lincoln... a ce jourd'hui vingt-quatrième » d'Auguste 1490, heure de minuit, rendu arrêt » de mort et d'infamie contre Samuel Warbeck » (/e montrant) ici présent, juif de religion, » bourgeois de naissance, convaincu du crime de » haute trahison, comme ayant tenté de détail) cher plusieurs bonnes âmes du service de Dieu » et de la noble maison d'Yorck, à l'aide de char- » mes magiques et de sorcellerie... le condamne n en conséquence à être conduit devant la cathé- » drale de cette ville de Dublin, pour y faire » amende honorable... Arrivé au pied de l'écha- » faud, à être souffleté de la main du bourreau ; » enfin, à être pendu... Puis, son cadavre con- » sumé sur un bûcher ardent, pour la cendre en » être jetée au vent. » Dieu sauve la vieille Angleterre!
Dieu sauve la vieille Angleterre!
CATHERINE, avcc augoisses.
Miséricorde, mon Dieu! miséricorde I...
Le cortège funèbre s'est mis en marche; il arrive au milieu du théâtre. Samuel s'arrête.
SAMUEL, à Catherine.
Catherine, ma compagne bien-aimée, adieu t
CATHERINE
Samuel! Samuel!... (Elle se précipite dans ses bras.) Oh ! mais, tout cela n'est pas vrai, n'estce pas?... c'est un horrible songe!
SAMUEL, après l'avoir embrassée.
Que la volonté de Dieu soit faite I... Quand ou atteint le terme de la vie sans laisser derrière soi un seul sujet de repentir, l'espérance anéantit la terreur... Hélas! je n'ai qu'un regret, c'est de te quitter et de mourir sans avoir embrassé une dernière fois notre pauvre enfant...
CATHERINE
Notre enfant. . c'est donc bien vrai qu'ils vont
MARGUERITE D'YORCR.
tuer son père... c'est donc bien vrai que tu vas mourir?... (Au peuple.) Ah I gloire à toi, peuple de Dublin... tu as bien fait d'échanger la domination du roi Henry Tudor contre la tyrannie de maîtres si démens; gloire à toi, gloire à eux!... Ces nobles Blsdela maison d'Yorck, ils sontbien les rejetons de leurs ancêtres... Edouard, comte de Lincoln, le tueur de vieillards, est bien le digne héritier de Richard, duc de Glocester.le meurtrier d'eofans...
SAMUEL
Catherine I Catherine!...
TODS.
Ah! ahl
Paraît sur le perron Lincoln suivi de seigneurs. 'VWi W\^rtA vwvww\w\ w\vv\ w\w\ vwvv\vwvv\w\wvvvvwvw\