‹ ThéâtreChapitre 208 sur 971 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

MARGUERITE, debout sur les marches du trône, 7iuc couronne d'or à la main; PERKINS agenouillé devant le trône; au fond, jusque dans la galerie, sont rangés en demi-cercle LES SEI- GNEURS, parmi lesquels LINCOLN et CLÏF- FORD, au fond, des gardes sur l'avant-scène en-deçà du trône, MARIE et les Femmes de Marguerite. Aupieddu trône entre Perkins et les Seigneurs, CHARLES et les Pages.

MARGUERITE, posant la couronne sur la tête de Perkins.

Au nom du Dieu vivant et de monseigneur

Saint-Georges, Richard d'Yorck, je te salue roi

d'Angleterre.

Elle s'assied.

PEREINS, se relevant.

Au nom du Dieu vivant et de monseigneur Saint-Georges, moi, Richard d'Yorck, je jure de ne rendre qu'à Dieu cette couronne, qui est celle de mon père. {Aux Seigneurs.) Messieurs, dès aujourd'hui, nous renouvellerons ce serment sur le saint Évangile, et nous recevrons en même temps celui de nos amis et fidèles sujets. Maintenant, nous rcf^ardons comme notre premier devoir de vous faire connaître à tous de quelle manière le roi Riciiard IV pratique la vengeance envers ses ennemis. Comte de Lincoln, .iiiprochez.

MARIE, à part,

Qac va-t-il faire ?

Votre épée, mylord ?

LINCOLN

Mon épéel

Plusieurs seigneurs se rangent en murmurant du côte' de Lincoln, Marguerite descend du trône.

MARGUERITE

Le roi vous a demandé votre épée, monsieur. {Bas à Perkins.) Messire, ne vous faites pas sitôt un si grand nombre d'ennemis ; ne faites pas sortir cette épée du fourreau, de peur qu'elle ne déchire la pourpre à peine tissue de votre royauté I

PERKINS

Comte, rendez-moi votre épée.

MARGUERITE

Obéissez, comte. ( Bas à Perkins.) Prenez garde, messire, prenez garde, ce n'est pas ici que doit commencer la guerre.

Lincoln a donne son c'pcc b Perkins.

PERKINS

Mylord, celte arme était indigne de vous, et nous ne pouvions souffrir qu'elle restiit plus longtemps à votre côté. ( Il brise l'épér. ) Je brise cette arme, et je la foule aux pieds comme un instrument de félonie. {Mouvcmcui parmi Us Seigneurs; il tire la sienne. Haut.) Nous espérons que vous voudrez bien accepter la nôtre en échange, et que celle-là, vous ne la dirigerez ni contre notre poitrine, ni contre notre visage. f Lincoln prend i épée diUlaigneuscment. Murmure d'approbation parmi les Seigneurs. ) Mylord , comte de Lincoln, vous portez un nom que nous ne prononcerons jamais sans nous rappeler que

MAGASIN THEATRAL

c'est celui d'un homme qui nous a insulté publiquement ; je ne veux pas que tu gardes ce nom-là, sir Edouard : l'apanage de mon oncle Glocester est demeuré vacant. A compter d'aujourd'hui, j'aurai pour traître envers moi quiconque t'appellera autrement que duc de Glocester, ou le lord grand-chancelier.

TOUS LES SEIGNEURS

' Vive Richard !

PERKINS

Maintenant, mon cousin, voulez-vous m'embrasser ?

LINCOLN

Sire!...

PERKINS, baSy l'attirant à lui.

Mais embrasse-moi donc, mylord; ne comprendstu pas que c'est un baiser de mort que je veux te donner, comme c'est un nom d'assassin dont je viens de t'honorer?...

» LINCOLN, bas à Perkins.

Et je n'aurai garde, pour sûr, d'oublier l'un ou l'autre. {Haut.) Sire, permettez-moi donc d'embrasser une seconde fois votre grâce.

TOUS LES SEIGNEURS

Vive Richard I vive Richard !

MARGUERITE, à part.

Ce baiser couvre une haine à mort.

MARIE

Oh! déjà les dangers que j'avais prévusl PERKINS, bas à Marie.

Rassurez-vous, Marie, et quoi qu'il puisse arriver... souvenez-vous, madame, que vous êtes reine d'Angleterre.

MARGUERITE, à part.

Que faire?

PERKINS, haut.

Lafouledenospartisanss'accroîtd'heureenheure. Nous vous quittons, madame, pour aller rendre grâce à l'Éternel. (4 £ihco/«.) Beau cousin, venezvous prier pour la gloire de l'Angleterre ?..,

LINCOLN

Et pour le bonheur de votre majesté.

MARGUERITE, à part.

Il faut éloigner Lincoln, ou tout est perdu. {A Marie.) Restez, nriss, j'ai besoin de vous parler.

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