LE I>IC
Pourtant c'est bien dans cette direction (ineile a fui : et elle ne peut avoir pris (iiie lune de ces trois routes: il n'y en a pas quatie.. Oh! elhs'est jetée au travers du taillis.
m: (.iiyru.
Cehi n'est pas probable .. le taillis est tc'.l' ment cpais de ce tôle ..
MAGASIN THEATRAL
LE MARQUIS
Il serait impossible de s'y frayer un passage.
Se cacherait-elle dans cette chapelle! ( il rei/arde dans la chapelle ) non... dans cette cabane, alors... [Il frappe à la porte, ) Pas de réponse!... Oh! cette fenêtre est mal fermée... {Il la pousse et regarde.) Personne !
LE MARQUIS, à part.
Je respire.
LE COMTE, à part.
Je ne m'étais pas trompé; elle s'est élancée au milieu du taillis.,
LE DUC
Ce n'était pourtant pas un rêve, une illusion... je l'ai bien vue cette jeune fille... vous l'avez vue aussi, messieurs ?
LE COMTE, après avoir regardé leMarquis,qui garde le silence.
Hélas non, mon prince... je crois que votre altesse a été abusée par une vision.
LE DUC
Une vision!
LE MARQUIS, à part en regardant le Comte. Dit-il vrai?
LE DUC
Une vision!... oh! vous'ne le croyez pas, vous, marquis d'Arcano.
LE MARQUIS
Que votre altesse me pardonne; je suis de l'avis de M. le comte de Cordonelli.
LE COMTE, n part.
Il ne me dément pas... il doit pourtant avoir vu cette femme?
Pendant Taparte du Comte, Charles-Emmanuel tombe accablé sur !e banc placé près de la maisonnelte.
LE DUC, se parlant à lui-même.
Au fait, c'est possible 1... l'image de cette jeune iille me poursuit partout... oh ! mais jamais cette image n'avait eu une telle apparence de réalité... ce n'étaient plus des traits vagues, incertains, des formes indécises m'apparaissant au milieu d'un brouillard... C'était bien la ravissante créature à la taille si One et si souple, aux yeux si brillans, à la bouche si gracieuse et si fraîche, que je vis le jour de Pâques. Elle s'appuyait sur le bras d'un vieillard , et regardait passer mon cortège. Qu'elle était belle! mon Dieu! et comme elle paraissait heureuse! Quand je l'ai revue tout-àl'heure, son visage n'avait plus la même expression!... la frayeur avait remplacé la béatitude céleste... Pauvre enfant! elle était toute pâle... lorsque je me suis approché d'elle, elle a poussé un petit cri plaintif; puis elle s'est sauvée... J'entends encore le bruit de ses pas sur les feuilles sèches... mais tout cela n'était qu'un rêve, un fantôme!... Oh! ma tête! ma tète !
11 cache sa figure avec ses mains.
LE COMTE, au Marquis avec affectation.
Une telle agitation ne peut être produite que par la fièvre.
LE DUC, L'pouianté.
La fièvre! vous dites que j'ai la fièvre! ( // se tâte le pouls. ) Toujours souffrir... c'est affreux!
LE COMTE
Vous n'êtes pas raisonnable, monseigneur. Le savant Jéronimo Balbi , votre médecin, vous a prescrit le repos et la solitude afin de vous éviter la moindre fatigue, la moindre contrariété. Pourquoi avez-vous cessé de suivre l'ordonnance du docteur?
LE DUC
Vous croyez que j'ai eu tort de chasser ce matin ?
LE COMTE
Certainement.
LE MARQUIS
Le bruit du cor, les aboiemens de la meute, la longue course que vous venez de faire ont irrité vos nerfs, ont enflammé votre sang.
LE DUC
J'étouffais dans mon palais ; j'avais besoin d'air... et puis... je ne dors plus... J'ai pensé qu'un peu d'exercice me procurerait au moins quelques heures de sommeil. Jéronimo Balbi me traite mal, j'en suis sûr. Ma principale souff ancf c'est l'ennui. lime faudrait des distractioL la gaîté... Je me portais mieux quand Niroméde, mon pauvre fou, vivait; il me faisait rire de temps en temps... Monsieur de Cardonelli, je vous ai chargé de me trouver un autre bouffon.