‹ ThéâtreChapitre 310 sur 971 · SCENE XII · texte numérisé non relu

SCENE XII

GEORGES, seul.

Enfin me voici en France! dans ma maison... près de ma femme!... Misères de l'exil, tortures de la faim, désespoir du proscrit, oh! vous n'avez pas existé, je suis près de ma femme! dans ma maison! en France! je suis heureux!... 0 Louise, toi qui m'aimais, tu m'aimes encore sans doute! 0 Louise, tu ne pleureras plus ! tu ne seras plus seule, me voici pour t'aimer et te protéger... Pauvre cœur!., comme elle a dû soulfrir... et que de fois du fond de mon exil j'ai déploré de ne pouvoir lui apprendre le hasard inouï qui me sauva, moi et mes compagnons ; mais notre serment était trop sacré!... et c'est parce qu'on ne soupçonne pas même notre existence que l'entreprise désespérée que nous allons tenter n'est pas une folie

LE PROSCRIT

impossible... mais je ne m'attendais pas à trouver ici la marquise de Mellisens et ses deux fils... N'importe, ils ne me connaissent ni les uns ni les autres; Louise, secrètement prévenue par Ursule, viendra au rendez-vous que je vais lui donner... elle me remettra l'argent nécessaire à notre expédition, et demain, grâce à ce secours et à quelques amis qui déjà nous ont tendu la main, Grenoble sera à nous!.,. Nous verrons alors s'il reste encore à la France un souvenir de ce qu'elle a été. Ah! cet espoir seul a pu me soutenir dans mon exil ! si jeme suis trompé, c'est la mort... Mais, puisque l'échafaud était déjà dressé pour moi dans ce pays, ce n'est qu'en le renversant que j'y peux échapper... et si je n'y réussis pas, du moinsje oe mourrai pas sans avoir essayé de délivrer la France du honteux esclavage qu'elle subit... et puis ma Louise!... ma Louise!...

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SCEiNE XTII.

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