SCENE IV
Mine DE KERMIC, seule.
Malheureuse... Ah! je ne pourrai la tromper long-temps encore. Enfin le jour est venu où il faut qu'elle obtienne réparation ou vengeance... Léonard Asthon! toi que j'ai cru si noble et si grand, tu as déshonoré cette enfant... Ah! je ne crains pas de confier la cause de cette infortunée au courage de son père et de ses frères... car, malgré ta vaine renommée, tu dois être un lâche, pour avoir commis un pareil crime... Ils arrivent cette nuit... cette lettre vient de me l'apprendre. Mais, avant d'avouer à un père le déshonneur de sa fille, à des frères la honte de leur sœur... avant de les engager dans une querelle qui doit être mortelle pour quelqu'un, j'ai dû tenter un dernier effort... J'en vais savoir le résultat. {Elle ouvre et appelle.) Valérien!
Il entre.
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M-^e DE KERMIC, VALÉRIEN.
M™s DE KERMIC.
Eh bien! as-tu vu M. Asthon?
VALÉRIEN
Oui, madame, je l'ai vu.
M"8 DE KERMIC
Et la lettre que je t'ai remise pour lui?
VALÉRIEN
Il a refusé de la recevoir.
M™« DE KERMIC
Refusé de la recevoir! {A part.) Ah! c'est le dernier outrage! Ah! malheur à toi, Léonard Asthon, malheur à toi.
VALÉRIEN, présentant la lettre.
Cette lettre.
M™^ DE KERMIC
Donne. {Elle la met dans son sein.) Ecoute-moi bien maintenant. Tu vas aller te placer sur la route de Paris, à quelque distance de l'avenue; dans une heure environ, il arrivera une voiture de poste.
VALÉRIEN
Oui. madame.
DIANE DE CHIVRI.
M>»e DE KEBMIC.
Tu feras signe au postillon d'arrêter, et tu diras aux voyageurs qui seront dans cette voiture de descendre et de te suivre.
VALÉRIEX.
A une pareille heure, pensez-vous qu'ils consentent?
M"« DE KERMIC.
Ce sont trois hommes résolus, et qui ne connaissent pas la crainte; d'ailleurs, je puis te dire leurs noms, il te servira à te faire connaître d'eux. C'est mon gendre, M. de Chivri, et ses deux fils, Georges et Philippe.
VALÉRIEN, à part.
MM. de Chivri! {Bant.) Il suffit,
jjime DE KERMIC.
Tu les mèneras par le bois jusqu'à la petite porte du parc. Arrivé là, tu tireras deux coups de fusil, cela m'avertira que vous entrez dans le parc; alors, je me rendrai dans ce salon où tu les conduiras par cette porte, de manière à ce qu'ils arrivent sans être vus de personne ! Tu m'as bien compris?
VALÉRIEN
Oui, madame.
M^e DE KERMIC.
Je vais monter un moment chez moi. Il faut que Diane m'entende dans ma chambre, si je veux qu'elle demeure sans crainte dans la sienne... hâtez-vous !
VALÉRIEN
J'y vais.
M"'^ de Kermic sort.
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