‹ ThéâtreChapitre 420 sur 971 · JOSEPH, VAUTRIN · texte numérisé non relu

JOSEPH, VAUTRIN

Vaiili'in parait avec un surtout couleur Je laa , garni de lourruies , dessous nuir ; il a la tenuu d'un ministre di[)lomalicjue étranger en soirée.

JOSEPH

.Maudite 011e 1 nous étions perdus.

VAUTRIN

Tu étuis perdu. Ah çà! mais tu tiens donc beaucoup à ne pas te reperdre, toi? Tu jouis donc de la paix du cœur, ici?

JOSEPH

Ma loi, je trouve mon compte a être honnête.

VAUTRIN

Kt entends-tu bien l'honnêteté?

JOSEPH

.Mais ça et mes gages, je suis content.

VALTRl.N.

Je te vois venir, mon gaillard. Tu prends peu et souvent, tu amasses, et tu auras encore l'Iionnêleté de prêter a la petite semaine, iih bien ! lu ne saurais croire quel plaisir j'éprouve à voir une de mes vieilles connaissances arriver a une position honorable. Tu le peux, tu n'as que des défauts, et c'est la moitié de la v^rtii 51oi, j'ai eu des vices, et je les regrette. . comme ça passe! Kl maintenant plus rien! il ne me reste (|iie les d.iMgers et la lutte. Après tout, c'est la vie d'un Indien entouré d'ennemis, et je défends mes cheveux.

JOSKIMI.

l'^t les miens?

V A imi 1 N .

Les liens?,.. Ah! c'est vrai. ()\io'\ «in'il arrive ici, lu as la parole de Jaciiues (".iillin de n'êlre jamais compromis; mais lu m'obé ras en Imilî

JOSKPH.

Kn tout? .. Cipendanl.. .

VAUI lll>.

On connaît son code. S il y a iiueliiuc iiiorlianle

besogne, j'aurai mes fidèles, mes vieux. Es-tu depuis long-temps ici?

JOSEPH

Madame la duchesse m'a pris pour valet de chambre en allant à Gand, et j'ai la confiance de ces dames.

VAUTRIN

Ça me va 1 J'ai besoin de quelques noies sur les :\!ontsorel. Que sais-tu?

Rien.

VAUTRIN

La confiancedes grands ne va jan)ais plus loin Qu'as-tu découvert ?

JOSEPH

Rien.

VAUTRIN, à pari.

Il devient aussi par trop honnête homme, l'culétre croit-il ne rien savoir? Quand on cause pendant cinq minutes avec un homme, on en lire toujours quelque chose. (//<(«(.) Oîi sommes-nous ici?

JOSEPH

Chez madame la duchesse, el \oici ses apparlemens ; ceux de monsieur le duc sont ici au-dessous ; la chambre de leur fils uni»|ue le marquis est au-dessus, et donne sur la cour.

VAUTRIN

Je t'ai demandé les empreintos de toutes les serrures du cabinet de monsieurle duc, où sont-elles? JOSEPH, iivtc liéiiiatiou.

Les voici.

VAUTRIN

Toutes les fois que je voudrai \cnir ici, tu trouveras une croix faite à la craie sur la petite porle du jardin : tu iras l'examiner tous les soirs. On est vertueux ici, les gonds de celle porte >ont bien rouilles; mais Louis XVill ne peut pas êlr Louis XV! Adieu, mon garçon; je \iendrai la nuit prochaine. (.1 pan ) Il faut aller rejoindre mes gens a IhoUl de Chri»tov.il.

JOSKPU, a p'irt.

Depuis que ce diable d homme ma relroine, je suis dans des transes...

VAU ruiN, rcvciuini.

Le duc ne vit donc pas avtc sa (enuiie?

JOSEPH

Brouillés depuis vingt ans.

VAUTRI>.

Lt pourquoi ?

JUSKPII.

Leur fils lui-même ne le sait pas.

VAivrRiN.

Kt U.n prédécesseur, pourquoi fiil-il reinoyé?

JOSEPH

Je ne sais, je ne lai pas connu. Ils n'ont riKUilé leur niai.son que depuis le sctonl retour du mi

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