‹ ThéâtreChapitre 435 sur 971 · I>ÈS · texte numérisé non relu

I>ÈS

Je ne pensais pas, monsieur, avoir le plaisir de vous rencontrer si tôt, je vous croyais de service; je suis toute heureuse de me justifier : je ne vous ai aperçu qu'en sortant du bal, rt mon excuse, {clic montre la duchesse de Montsorcl) la voici.

LB MARQUIS

Vous avez deux excuses, mademoiselle, et je

VOUS sais un gré infini de ne parler que de ma mère.

LE DUC

Mademoiselle, ne voyez dans ce reproche qu'une excessive modestie. Albert a des craintes, comme si monsieur de Frescas devait lui en inspirer! A son âge, la passion estuneféequigranditdes riens. Mais ni votre mère, ni vous, mademoiselle, vous ne pouvez prendre au sérieux un jeune homme dont le nom est problématique et qui se tait si soigneusement sur sa famille.

LA DUCHESSE DE MONTSOREL, à la duchesse de Christoval.

Ignorez-vous également le lieu de sa naissance?

LA DUCHESSE DE CHRISTOVAL

Nous n'en sommes pas encore à lui demander de semblables renseignemens.

LE DUC

Nous sommes cependant trois ici "qui ne serions pas fâchés de les avoir. Vous seules, mesdames, seriez discrètes : la discrétion est une vertu qui ne profite qu'à ceux qui la recommandent.

LA DUCHESSE DE MOJiTSOREL.

Et moi, monsieur, je ne crois pas à l'innocence de certaines curiosités.

LE MARQUIS

Ma mère, la mienne est-elle donc hors de propos ? Et ne puis-jem'enquérir auprès de madame, si les Frescas d'Aragon ne sont pas éteints?

LA DUCHESSE DE CHRISTOVAL, ÛU DuC.

Nous avons connu tous deux le vieux commandeur à Madrid, le dernier de celte maison.

LE DUC

Il est mort nécessairement sans enfant.

INÈS

Maia il existe une branche à Naples.

LE MARQUIS

Oh ! mademoiselle ! comment ignorez-vous que les Médina-Cœli, vos cousins, en ont hérité?

LA DUCHESSE DE CHRISTOVAL

Mais vous avez raison, il n'y a plus de Frescas.

LA DUCHESSE DE MONTSORBL

Eh bien! si ce jeune homme est sans nom, sans famille, sans pays, ce n'est pas un rival dangereux pour Albert, et je ne vois pas pourquoi vous vous en occupez.

LE DUC

Mais il occupe beaucoup les femmes.

INÈS

Je commence à ouvrir les yeux...

LE MARQUIS

Ah!

INÈS

... Oui,' ce jeune homme n'est peut-être point tout ce qu'il veut [jaraîlre : il e.st spirituel, il est même instruit, n'cxprimcquedcnobicssentimens, il est avec nous d'un respect clicvalercsque, il ne dit de mal de personne; évidemment, il joue le gentilhomme, et il exagère son rôle.

LE nvc.

II exaffère aussi, je crois, sa fortune ; mais c'est un mensonge difficile à soutenirlong-temps à Paris.

MAGASIN THEATRAL

lA DUCHESSE DE MOXTSOREL, ô la duchesse de Christoval.

Vous allez, m'a-t-on dit, donner des fêtes superbes?

Monsieur de Frescas, mesdames, parle-t-il espagnol?

INÈS

Absolument comme nous.

LE DUC

Talsez-Tous, Albert : ne voyez-vous donc pas que monsieur de Frescas est un jeune homme accompli?

LA DUCHESSE DE CHRISTOVAL

Il est vraiment très-aimable, et si vos doutes

étaient fondés, je vous avoue, mon cher duc, que

je serais presque chagrine de ne plus le recevoir.

LA DUCHESSE DE MONTSOREL , à la duchesse de

Christoval.

Vous êtes aussi belle ce matin qu'hier; vraiment j'admire que vous résistiez ainsi aux fatigues du monde.

LA DUCHESSE DE CHRISTOVAL, à InèS.

Ma fille, ne parlez plus de monsieur de Frescas, ce sujet de conversation déplaît à madame de Montsorel.

IMÈS.

Il lui plaisait hier.

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