‹ ThéâtreChapitre 466 sur 971 · SAINT CHARLES, LA DUCHESSE DE MONTSOREL, M"« DE VAUDREY · texte numérisé non relu

SAINT CHARLES, LA DUCHESSE DE MONTSOREL, M"« DE VAUDREY

Saiiil-Cliarless'efljce pniir laisser passer les Jeux femmes, il resle en haut Je la stcne, pendant qu'elles U Jescen- Jeiil.

m"'^ de vaudrev.

Vous êtes bien abattue?

LA DLXUBSSB DE MONTSOREL, sc laissant aller dans nu fauteuil, Morte! plus d'espoir! vous aviez raison.

SAiNT-cnARLBS, s'cvauçant.

Madame la duchesse.

LA DUCHESSE DB MONTSORRL

Ah ! j'avais oublié! Monsieur, il m'est impossible de vous accorder le moment d'audience que vous m'aviez demandé. Demain... plus tard.

Mlle DE VAUDREY, à Sajni-Cftar/e*.

Ma nièce, monsieur, est hors d'état de vous entendre.

SAINT-CHARLES

Demain, mesdames, il ne serait plus temps! la vie de votre fils, le marquis de Montsorel, qui se bat demain avec monsieur de Frescas, est menacée.

LA DUCHESSE DE MONTSOREL

Mais ce duel est une horrible chose!

Mlle DB VAUDRET, bas à la Duchesse.

Vous oubliez déjà que Raoul vous est étranger.

LA DUCHBSSB DB MONTSOHEL, Ù Saînl-CllurleS.

Monsieur, mon fils saura faire son devoir.

SAINT-CUARLES.

Viendrais-je, mesdames, vous instruire de ce qui se cache toujours à une mère , s'il ne s'agissait que d'un duel? votre fils sera tué sans combat. Son adversaire a pour valets des spadassins, des misérables auxquels il sert d'enseigne.

LA DUCHESSE DE HONTSOREL

Et quelle preuve en avez-vous ?

SAINT-CHARLES

Un soi-disant intendant de monsieur de Frescas m'a offert des sommes énormes pour tremper dans la conspiration ourdie contre la famille deChristoval. Pour me tirer de ce repaire, j'ai feint d'accepter ; mais au moment où j'allais prévenir l'autorité, dans la rue, deux hommes m'ont jeté par terre en courant, et si rudement, que j'ai perdu connaissance; ils m'ont fait prendre a mon insu un violent narcotique, m'ont mis en voiture, et à mon réveil j'étais dans la plus mauvaise compagnie. En présence de ce nouveau péril, j'ai retrouvé mon sang-froid, je me suis tiré de ma prison, etmesuis mis ala pisiedeces hardis coquins.

Hlle DE VAUDHBV.

Vous venez ici pour monsieur de Montsorel, à ce que nous a dit Joseph ?

SAINT-CHARLES

Oui, madame.

LA DUCHESSE DE MONTSOREL

Et qui donc êies-vous, monsieur ?

SAINT-CHARLES

Un homme de confiance dont monsieur le duc se défie, et je reçois des appointemens pour éclaircir les choses mystérieuses.

m"'' de VAUDREY, à la Duchesse.

Oh! Louise!

LA DUCHESSE DB MONTSOREL, regardant fixement Saini-Charlc^. Et qui vous a donné l'audace de me parler,

SAINT-CHARLES

Votre danger, madame. On me paie pour être votre ennemi Ayez autantde discrélionquc moi, daÏKnez me prouver (|ue voire protection sera plus efficace que les |iromesses un peu creuses de monsieur le duc, et je puis vous donner la victoire- Mais le temps p^e^se, le duc va venir, et s il nous trouvait ensemble, le succès serait étrangement compromis.

MAGASIN THEATRAL

LA DUCHESSE DE MONTSOREL, à M"* de Vaudrey. Ah ! quelle nouvelle espérance ! {A Saint- Charles.) Et qu'alliez-vous donc faire chez monsieur de Frescas ?

SAINT-CHARLES

Ce que je fais en ce moment auprès de vous, madame.

LA DUCHESSE DE MONTSOREL

Ainsi, vous vous taisez.

SAINT-CHARLES

Madame la duchesse ne me répond pas: le duc a ma parole, et il est tout-puissant.

LA DUCHESSE DE MONTSOREL

Et moi, monsieur, je suis immensément riche ; mais n'espérez pas m'abuser. [Elle se lève.) Je ne serai point la dupe de monsieur de Montsorel, je reconnais toute sa finesse dans cet entretien secret que vous me demandez ; je vais compléter, monsieur, vos documens. (Avec finesse.) Monsieur de Frescas n'est pas un misérable, ses domestiques ne sont pas des assassins, et il appartient à une famille aussi riche que noble, et il épouse la princesse d'Arjos.

SAINT-CHARLES

Oui, madame, un envoyé du Mexique aproduit des lettres de monsieur de Christoval, des actes extraordinairement authentiques. Vous avez mandé un secrétaire de la légation d'Espagne qui les a reconnus, les cachets, les timbres, les légalisations... ah 1 tout est parfait.

LA DUCHESSE DE MONTSOREL

Oui, monsieur, ces actes sont irrécusables.

SAINT-CHAULES.

Vous aviez donc un bien grand intérêt, madame, à ce qu'ils fussent faux ?

LA DUCHESSE DE MONTSOREL, à ilfie de Vaudretj.

Oh! jamais pareille torture n'a brisé le cœur d'aucune mère.

SAINT-CHARLES, à part.

De quel côté passer? à la femme ou au mari.

LA DUCHESSE DE MONTSOREL

Monsieur, la somme que vous me demanderez est à vous si vous pouvez me prouver que monsieur Raoul de Frescas...

SAINT-CHARLES

Est un misérable?

Non, mais un enfant...

SAINT-CHARLES

Le vôtre, n'est-ce pas î

LA DUCHESSE DE MONTSOREL, s'oubliant.

Eh bien, oui ! Soyez mon sauveur, et je vous protégerai toujours, moi. [A i}/iie de Vaudrey.) Eh', qu'ai-jedonc dit? {A Saint-Charles.) 0\itii Raoul?

SAINT-CHARLES

Disparu! Et cet intendant qui a fait faire ces actes, rue Oblin, et qui sans doute a joué le personnage de l'envoyé du Mexique, est un de nos plus rusés scélérats. {La Duchesse fait un mouvement.) Oh ! rassurez-vous, il est trop habile pour verser du sang ; mais il est aussi redoutable que

ceux qui le prodiguent ! et cet homme est son gardien.

LA DUCHESSE DE MONTSORBL

Ah! votre fortune contre sa vie.

SAINT-CHARLES

Je suis à vous, madame. [A part.) Je saurai tout, et je pourrai choisir.

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