RANUCCIO, JULES, LE COMTE CAMPI- REALI, FABIO
LE COMTE
Quevois-je? un duel!
JULES, froidement. Un duel, non; mais une leçon de politesse que je donne a votre fils.
FABIO, furieux.
Oh! laissez-moi châtier comme il le mérite ce misérable qui insulte a l'honneur de notre famille.
LE COMTE
Silence, mon (ils, c'est moi que cet honneur regarde, et j'en suis meilleur juge que vous! nANuccio, ù part.
Eh bien! à la bonne heure! le vieux coq a du bon.
i-'ABio, à part, et remettant son épie dans te fourreau.
Une trêve, puisqu'il le faut; mais je saurai te rejoindre.
LE COMTE , froidement et avec digniti'.
Vous ddvcz être étonné de ma modération, jeune homme. Certes, l'homme qui a osé lever les yeux sur la tille des CaMi|iireali devait s'attendre à payer de sa vie part-ilie audace; mais à présent je puis sans danger vous laisser vivre. De ce pas, je vais à la villa Orsini, où mon lils va m'accornpagner pourcontiurele mariage de notre lille liélcnc avec le jeune duc de Bracciano, JULES, à part,
Qu'enlends-je?
LE COMTE
Vous avez dit hier chez moi, devant tous, que vous étiez aimé d'Hélène Campireali... c'était un outrage, un outrage sanglant, que notre fille s'est chargée de repousser elle-même, pour l'honneur de sa famille et de l'illustre alliance que nous allions conclure. {Elonnement de Fabio.) Lisez! [lllui remet une lettre.) Vous connaissez son écriture?
JULES
Oui, seigneur.
LE COMTE, avec fureur, à Fabio.
J'en étais sûr.
Signes d'intelligence entre les deux Campireali, pendant que Jules ouvre la Ictire d'une main tremhlante.
JULES, lisant.
« Dans huit jours, je serai la femme d'un aur> tre-, cessez, je vous prie, toutes vos poursuites; » nous ne pouvons être qu'étrangers l'un à l'au- » tre, et puissicz-vous oublier jusqu'au nom » d'HÉLÈXE Campireali. »
Il demeure accable'.
LE COMTE
Vous le voyez, vous étiez au moins dans l'erreur; à présent, persistez-vous toujours à soutenir vos singulières prétentions?
JULES, parlant à peine.
A présent, seigneur, je le reconnais , je n'ai plus aucun droit... J'avais cru à l'amour, à l'honneur... c'était un rêvel... A présent, vous n'entendrez plus parler de moi.
LE COMTE, après tin léger mouvement de joie.
Que Dieu vous assiste 1 (Bas à Fabio.) Nous en voilà débarrassés pour totijours ! (Haut. ) A. présent, mon fils, à la villa Orsini, où nous sommes attendus!
Ils sortent p.ir la gauche.
RANUCCIO.
A la villa Orsini!... Oh ! je le saurai, car je ne les perds pas de vue.
Il les surt sans qu'ils s'en apcrruivenl.