‹ ThéâtreChapitre 51 sur 971 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

LÉONARD LASCY, VIGNEUL, avec les épées, et LES JEUNES Gens.

LÉONARD

Oh 1 merci, mon Dieu, de m'avoir rendu assez maître de moi-oiCme pour que je n'aie pas

étendu mort à mes pieds le misérable qui m'a insulté !

LASCT.

Il ne perdra rien pour attendre, sans doute ; mais tu nous diras sans doute le motif de cette insulte.

LÉONARD

Le motif de cette insulte!... Eh ! mon Dieu I Vigneul te le disait tout-à-l'heure ; ils viennent réformer mon arrêt. Ah .' c'est le leur qu'ils ont prononcé.

LASCY

Non ; ce n'est pas une querelle politique, ils m'auraient accepté pour second; c'est une querelle personnelle, ce Philippe l'a dit,

LÉONARD

Personnelle ou non, il faut que je tue ces deux hommes, il le faut!

LASCV.

Et c'est trop juste; mais enfin, lun de ncus pourrait aller s'informer des motifs d'une pareille insulte. Quand on tue un homme, encore faut-il savoir pourquoi.

LÉONARD

Pourquoi î {Il montre sci boutonnière.) Ah! je ne les connais ni l'un ni l'autre, Lascy; j'ignore si, sans le savoir, je les ai blessés dans leur fortune ou leur réputation ; je ne sais pas davantage s'ils sont de ceux qui prétendent réformer par leur épéc le jugement qui m'acquitte; mais j'aurais déshonoré leur mère ou leur sœur, j'aurais, dans la guerre d'où nous sortons, porté la mort dans leur famille, qu'après un pareil outrage, je les tuerais, vois-tu, sans remords, sans pitié. Vigneul et toi, vous allez m'accompagner.

VIGNECL.

Nous sommes prêts.

LÉONARD, eux autres.

Messieurs, je ne croyais pas que notre réunion serait troublée d'une manière si fatale; je croyais avoir tout fait pour prévenir un semblable malheur; des misérables ont voulu engager une lutte nouvelle, cette lutte, je l'accepte centre eux; je l'accepterai contre tous nos ennemis s'il le faut. Adieu , messieurs , quelle que soit l'issue de ce combat, une fête ne saurait le suivre. [Ils sortent à droite de V acteur ; au domesiique.]ho\iis, dites que l'on fasse rentrer ie chevaux. (4i/x témoivs.) Messieurs, à la fontaine du bois,

Ils sortent du côte opposé.

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