SCENE X
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MONTALTE
Mon Dieu, puisse-t-ilréussir!.,.Mais j'y songe! la mort de Grégoire! si l'on pouvait... {Bruit et rumeur dans la chapelle.) Grand Dieu! quel tumulte, quelle confusion!... Lui!... lui!... il arrache le voile!... Oh! il est perdu!...
Dans l'intërieur de la cliapelle on entend les cris du peuple, qui se précipite épouvante.
KAKCCCIO, courant se meure devant la grille, leur barre le passage.
Arrêtez, lâches! arrêtez!... c'est votre ami à tous, c'est le défenseur du peuple, le fils de Bracbioforte que vous abandonnez ! ...
Mais le tumulte continue ; les parens, les valets descendent en désordre les marches de l'église , et garnissent la gauche de la chapelle, puis la comtesse , puis Gampi- Teali tenant sa fille par le hras.
VOIX, dans l'intérieur.
Arrêtez!... arrêtez!... c'est la fille de Dieu!...
LE COMTE
Elle a prononcé ses vœux!...
JULES, ])âle, les cheveux épars, tenant son épêe d'une main et le voile d'Hélcne de l'autre, s'écrie d'une voix tonnante, du haut des marches de la chapelle.
Ses vœux, je les brise!...
LES PAREJiS et LE PEUPLE.
Oh!... impiété!...
JULES
Elle n'avait pas le droit de les faire.
TOUS
Oh!
JULES, avec force.
Non, elle ne l'avait pas ! (Mouvement général.) Hélène Campireali, je vousadjureici, en présence de tous, de dire si dans la nuit du 23 juillet, dans la chapelle expiatoire, un prêtre n'a pas uni nos mains et nos destinées ?
LE COMTE, s'avançant vers les degrés de la chapelle.
Mensonge, til imposteur, mensonge ! Tiens, ose donc renier ce témoignage sacré !
Il lui donne les tahletles signées par le Prieur.
HÉLÈNE, pleurant. 0 Jules, Jules ! on nous avait trompés ! JULES, après avoir lu et jetant les tablettes du Comte que ramasse un valet, passe vivement près d'Hélène, ce qui force le Comte à descendre à l'avant-scène de gauche, où il est re. tenu par ses parens et par Montalte. Les sbires garnissent les degrés de la chapelle.
Et que m'importe à moi la trahison des hommes ? Ke sommes-nous pas unis dans le cielî Que
m'importe qu'un moine n'existe pas? en as-tu moins reçu mes sermens devant Dieu , moi les tiens? Non, non, tu es à moi, comme je t'appartiens, et à présent nulle puissance sur la terre ne peut nous séparer!... Ose, Hélène, ose dire que tu n'es pas mon épouse dans ton cœur?
HÉLÈNE, tombant à genoux devant lui.
Oh! grâce, grâce 1 Si tu savais tout ce que j'ai souffert !
JULES
Oh ! oui, je le devine, il a fallu bien te torturer pour t'amener la. Oh ! n'est-ce pas, ils t'ont bien tourmentée? {Avec douceur à la Comtesse, qui pendant toute celte scène le supplie avec anxiété.) Pas vous, madame! pas vous!... [Regardant les Campireali et plantant ficrement son épée entre eux et lui.) Mais ils n'en ont pas encore fini avec moi, si tu m'aimes encore.
Mouvement d'indignation des Parens.
LE COMTE
Que dit-il?
JULES
Hélène, ne regarde pas ton père... tu es ici devant moi... M'aimes-tu encore?
Insolent!
HÉLÈiVE, se jetant devant lui.
0 mon père, vous avez juré qu'il vivrait!
JULES
Hélène, laisse-les. M'aimes-tu?
HÉLÈNE
Mon Dieu! mon Dieu! pardonnez-moi!
JULES, la pressant.
Hélène, m'aimes-tu?
HÉLÈNE, avec explosion.
Oui... oui, je t'aime!... mais fuis... fuis leur colère.
Et rougissant de l'aveu qu'elle vient de faire , elle cache sa honte dans le sein de sa mère.
JULES
A présent je puis partir !...
LE COMTE, hors de lui et s' échappant des mains qui le retiennent.
Ah! son insolence m'a délié de mes sermens!
Il fait un mouvement vers Jules.
MONTALTE, qui pendant toute cette scène a essayé vainement de calmer le Comte, se jette entre lici et Jules.
Arrêtez 1... [A voix basse.) Grégoire est mort ! et l'interrègne com mence!
RAHUCCIO, s'avançant vers eux, dit àl'oreillede Montalte.
Et vous ne seriez peut-être pas les plus forts ! JULES, profitant de ce moment d'hésitation pour gagner la grille.
Hélène, ils font jetée dans un cloître ; mais je saurai bien t'en arracher !
Il sort fièrement avec Ranuccio,
L'ABBAVE DE CASTRO.
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