‹ ThéâtreChapitre 53 sur 971 · SCENE YI · texte numérisé non relu

SCENE YI

LOUIS, MARTIAL

HARTIAt.

M. Léonard Asthon ?

Loms.

Il est sorti.

HARTIAt.

Sorti pour long-temps ?

lOCIS.

Je ne crois pas, monsieur.

MARTIAL

Ne pourrai-je lui écrire ?

LOUIS

Voilà tout ce qu'il faut.

MARTIAL, à part, sur le devant de la scène.

N'oublions pas le peu de mots que Diane m'a recommandé de laisser pour lui, dans le cas où je ne le trouverais pas. Aht si j'avais prévu ce qu'elle exigerait de moi, je ne lui aurais pas fait cette folle promesse; mais je lui ai juré; heureusement, je n'ai pas rencontré Léonard Asthon; j'aime mieux avoir à lui écrire que le voir en face de moi. Oh I j'aurais peut-être oublié que Diane espère encore en lui: écrivons.

Il s'assied et écrit pendant que Louis regarde au fond. LOUIS.

Tiens, il paraît qu'il y a une dame avec ce jeune homme, la voilà qui regarde par la portière de sa voiture.

MARTIAL jtlie la lettre, et la montre à Louis, qui redescend.

Dès que M. Asthon sera rentré, donnez-lui ce billet, et dites-lui que la personne qui le lui a fait écrire attend la réponse ici près, dans la voiture qui est au bout de l'avenue.

LOCIS

Oui, monsieur. {Martial va pour sortir.) Mais pardon, il paraît que cette lettre est très-pressée?

MARTIAL

Très-pressée.

LODIS.

En ce cas, monsieur, si la personne qui attend la réponse désire voir M. Asthon tout de suite, je puis vous dire où vous le trouverez; car j'y pense, il n'a pas dit formellement qu'il eût l'intention de rentrer lorsqu'il s'est séparé de ses amis.

MARTIAL

M. Asthon était donc ici tout-à-l'heure?

LOUIS

Oui, monsieur, il y avait grand déjeuner au château ; puis ces messieurs devaient tous aller à la chasse; mais il paraît que la partie a été rompue par l'arrivée de deux étrangers.

MARTIAL, vivement.

^L'arrivée de deux étrangers, diVes-vou« ?

LOUIS

Oui, monsieur, deux hommes, dont l'an...

MARTIAL, avec anxiété.

Est militaire, n'est-ce pas ?

LOUIS

C'est possible, car il est décoré et porte des moustaches.

MARTIAL, à part.

C'est Georges... Ah 1 mes frères nous ont devancés. {Haut.) Et ces étrangers où sontr-ils?

LOUIS

Je ne puis vous le dire ; mais à peine ont-ils été sortis que la société s'est séparée, et que M. Asthon, accompagné de deux de ses amis, s'est dirigé vers la lisière du bois, du côté de la fontaine.

MARTIAL, à part, très-agilé.

Ah I c'est cela, nous sommes arrivés trop tard ; mais je puis peut-être encore prévenir ce combat. {Haut.) Mon ami, dites-moi, de quel côté puis-je trouver votre maître ?

LOUIS

Au bout du parc, là-bas, à la fontaine.

MARTIAL

J'y cours t Oh î pauvre Diane ! pauvre«œur !

LOUIS

Par ici ; en suivant cette allée vous arriverez juste à la fontaine.

MARTIAL

Merci, merci!... Ah! mon Dieu, faites que je n'arrive pas trop tard.

Il sort en courant.

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