GONE
Eh bien! ton père est un hâbleur, il n'est jamais venu ici.
RANUCCio, aît fond du théâtre, se retournant.
L'GONE, s'endormant.
Tu me fais des contes à dormir debout, Ranuccio, et je dors... Ah ! il a sauté...
RANUCCIO, inquiet, le secouant avec force. Et pourquoi 7... pourquoi n'aurait-il pas sauté?
UGONE, avec force.
Parce que ce mur-là a quatre-vingts pieds.
Il loniljesiirla t;il)le. Musique.
RANUCCIO, poussant uti cri de terreur.
Grand Dieu ! [Les Bravi relèvent un peu la tête et retombent; Ranuccio court à l'ouverture, se place de manière que Von aperçoit la pâleur et l'agitation de son visage.) Jules, ne quitte pas la corde, ou tu es mort!
JULES , en dehors.
Mon poignard, en tombant, m'a averti du danger... sousmes pieds, j'ai un gouffre.
RANUCCIO, irès-agiic.
Remonte!...
Moment d'attente.
JULKS.
Impossible!...
BANUCCIO.
Encore un effort!... 0 mon Dieu, que faire?... que faire?... Ah!...
Il dénoue vivement sa ceinlure, qui doit étredouljle,
court à Ugone , lui tire doucement la sienne, qui doit «jtre double aussi, et les attache.
Mes forces s'épuisent.. .Ranuccio!
RANCCCIO, attachant les ceintures.
0 mon Dieu! mon Dieu! donnez-lui force et courage !
JULES, d'une voix éteinte,
A moi!... Ranuccio!
BANCCCIO, courant à l'ouverture, et faisant glisser
les ceintures le long de la corde au moyen d'un
nœud coulant.
Tiens, vois-tu ces ceintures que je fais glisser vers toi î
JULES
Oui!
RANUCCiO.
Les as-tu ?
JULES
Je les tiens!
UANUCCIO.
Soutiens-toi d'une main, et, de l'autre, attache le nœud coulant au crampon de fer... Eh bien?
JULES
Oui... et maintenant à la grâce de Dieu!
Silence interrompu par le Lruit d'une chute ; Kanuccio tombe à genoux en faisant le signe de la croix; puis se relevant avec résolution.
A moi maintenant!... à moi de le suivre! mort ou vivant, je serai avec lui!
Il s'élance par l'ouverture ; louie cette scène doit être dite avec chaleur, mais sans cris, et avec une sorte de mystère, à cause des Bravi.
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J^tnximt tableau*
Le théâtre représente l'abhaye de Castro ; au fond , à droite, grande porte, qui, en s'ouvrant, laisse voir l'intérieur de Tabbaye. A côté de cette porte, toujours au fond, est une chapelle ardente voilée de rideaux noirs. A droite , au premier plan, niche d'un saini qui fait face au public ; à gauche , autre porle plus petite. De tous côlés , fenêtres qui laissent pénétrer la lumière à travers leurs vitraux coloriés.