‹ ThéâtreChapitre 536 sur 971 · GONE · texte numérisé non relu

GONE

Eh bien! ton père est un hâbleur, il n'est jamais venu ici.

RANUCCio, aît fond du théâtre, se retournant.

L'GONE, s'endormant.

Tu me fais des contes à dormir debout, Ranuccio, et je dors... Ah ! il a sauté...

RANUCCIO, inquiet, le secouant avec force. Et pourquoi 7... pourquoi n'aurait-il pas sauté?

UGONE, avec force.

Parce que ce mur-là a quatre-vingts pieds.

Il loniljesiirla t;il)le. Musique.

RANUCCIO, poussant uti cri de terreur.

Grand Dieu ! [Les Bravi relèvent un peu la tête et retombent; Ranuccio court à l'ouverture, se place de manière que Von aperçoit la pâleur et l'agitation de son visage.) Jules, ne quitte pas la corde, ou tu es mort!

JULES , en dehors.

Mon poignard, en tombant, m'a averti du danger... sousmes pieds, j'ai un gouffre.

RANUCCIO, irès-agiic.

Remonte!...

Moment d'attente.

JULKS.

Impossible!...

BANUCCIO.

Encore un effort!... 0 mon Dieu, que faire?... que faire?... Ah!...

Il dénoue vivement sa ceinlure, qui doit étredouljle,

court à Ugone , lui tire doucement la sienne, qui doit «jtre double aussi, et les attache.

Mes forces s'épuisent.. .Ranuccio!

RANCCCIO, attachant les ceintures.

0 mon Dieu! mon Dieu! donnez-lui force et courage !

JULES, d'une voix éteinte,

A moi!... Ranuccio!

BANCCCIO, courant à l'ouverture, et faisant glisser

les ceintures le long de la corde au moyen d'un

nœud coulant.

Tiens, vois-tu ces ceintures que je fais glisser vers toi î

JULES

Oui!

RANUCCiO.

Les as-tu ?

JULES

Je les tiens!

UANUCCIO.

Soutiens-toi d'une main, et, de l'autre, attache le nœud coulant au crampon de fer... Eh bien?

JULES

Oui... et maintenant à la grâce de Dieu!

Silence interrompu par le Lruit d'une chute ; Kanuccio tombe à genoux en faisant le signe de la croix; puis se relevant avec résolution.

A moi maintenant!... à moi de le suivre! mort ou vivant, je serai avec lui!

Il s'élance par l'ouverture ; louie cette scène doit être dite avec chaleur, mais sans cris, et avec une sorte de mystère, à cause des Bravi.

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J^tnximt tableau*

Le théâtre représente l'abhaye de Castro ; au fond , à droite, grande porte, qui, en s'ouvrant, laisse voir l'intérieur de Tabbaye. A côté de cette porte, toujours au fond, est une chapelle ardente voilée de rideaux noirs. A droite , au premier plan, niche d'un saini qui fait face au public ; à gauche , autre porle plus petite. De tous côlés , fenêtres qui laissent pénétrer la lumière à travers leurs vitraux coloriés.

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