‹ ThéâtreChapitre 569 sur 971 · SUZANNE , THÉRÈSE · texte numérisé non relu

SUZANNE , THÉRÈSE

THÉRÈSE

Ainsi, tu n'es pas encore bien sûre, ma bonne Suzanne , que ce soit pour aujourd'hui.

SUZANNE

Non , pas encore.

THÉRÈSE

Et celte lettre que nous attendions... que j'attendais du moins, avec tant d'impatience ?

SUZANNE

Je ne l'ai pas reçue, dès qu'elle viendra...

THÉRÈSE

Tu me feras prévenir , bien vite , bien vite , n'est-ce pas, Suzamie ?

SUZANNE

Siu*-le-champ.

THÉRÈSE

Oh ! que je te remercie ! et combien Olivier et moi nous te devrons de reconnaissance! quelle bonté à toi , Suzanne , de te faire la dépositaire de mes secrets de jeune fille, et d'oublier un instant pour cela les affaires de ta maison, de ton ménage... Mais mon Dieu! j'y pense... je suis bien coupable envers toi, et tu dois bien m'en vouloir...

SUZANNE

Comment? et pourquoi donc?

THÉRÈSE

Voilà une heure bientôt que nous sommes ensemble , ma sœur , et je ne t'ai encore parlé que de moi, de mes espérances, de mes amours... je ne t'ai pas même demandé de ses nouvelles, à lid, ton mai'i... lui, mon sauveur; car je n'oublierai jamais que je lui dois la vie. Eh bien , il t'aime toujours , n'est-ce pas ?

SUZANNE

Oui, toujours.

THÉRÈSE

Et vous êtes toujours heureux.

SUZANNE

Heurem! (Eiiç soupire.) Oui.

«©» THÉRÈSE

De quel air tu me dis cela! est-ce que tu aurais des chagrins?

SUZANNE

Peut-être.

THÉRÈSE

0 mon Dieu ! il faut me les dire , me les confier... je t'en prie.

Non, ma sœur... ces chagrins, tu n'es pas en âge de les comprendre , et j'espère que tu ne seras jamais appelée à les connaître.

THÉRÈSE

Poiu-tant...

SUZANNE

Allons , ne m'en parle plus , Thérèse ; tu ne sauras rien.

THÉRÈSE

J'étais si joyeuse tout à l'heure... et maintenant... l'idée setde que ma sœur puisse ne pas être heureuse...

SUZANNE

Tais-toi... voici mon mari.

THÉRÈSE

Et lui aussi... comme il est triste!

SUZANNE

Tais-toi.

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