‹ ThéâtreChapitre 614 sur 971 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

Les Mêmes, DUVAL, des Gardes, le Bourreau, et ses Aides, portant à la main des torches allumées. Deux des gardes se détachent et font mettre à genoux Georges et Suzanne. Duval fait lecture de la sentence.

DUVAL, lisant.

(( Le conseil judiciaire de l'Artois institué par «lettres-patentes de S. M.Louis XV, qui lui con- «fèrent le droit absolu déjuger souverainement «et sans appel tous les crimes et délits qui seront «commis dans cette province ; après avoir enlen- «du les nombreuses dépositions des témoins, la «déclaration des médecins, l'aveu fait par les «accusés etL\-raèmes à l'issue de l'audience dans «la galerie voisine du tribunal; le conseil dé- «clare, devant Dieu et devant les hommes, que «Georges et Suzanne Montl)ailly sont convain- «cus d'avoir commis un meurtre volontaire et «avec préméditation, sur la personne de leur «mère et belle-mère, la veuve Louise Mont- «bailly ; en conséquence, ordonne...

(Ici , la voix de Duval faiblit , et il s'arrête comme s'il ne pouvait continuer sa lecture.) GEORGES , relevant la tête.

Achevez , achevez donc.

DUVAL, lisant.

« Ordonnent qu'ils meurent de la mort des «parricides , et que le présent arrêt soit exécuté «à dix heures précises du soir, après que les «deux condanuiés aiuoni fait amende honoiable «devant le lit de mort de leur mère.') GEORGKS, se relevant et soutenu par les gardes.

Ma mère!., ah! je n'osais l'espérer; et cette fois, je remercie mes juges... Conduisez- moi donc à l'instant, soutenez-moi jusqu'auprès de ma mère !

(L'officier des gardes invile du' geste Suzanne à se placer auprès de son mari.)

SUZANNE

Ah ! maintenant , du moins, Georges, nous ne serons plus séparés.

e^., (On les cmmèuc. — Tableau.)

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