SCÈNE I. •»• SAMIEL
Merci, raui, iiicrii ! Tu n'as non a te reproilicr, lu as riiinia'm('|)Uisqiio tune pouvais... tu m'as voillé jour cl nuit, mon Ijoii Paul, sans songer que tu devais ton travail à ton enfant. (11 s'anClc liors d'Iialtinc.) PAI !..
Ilélas! votre mal redouhlc... (il regarde une fiole \idc.) et je n'ai plus rien pour l'apaiser.
(Il pleure.) SAMUEL, d'une voix enîrccoupOc.
Ne le désole pas, ne pleure pas ainsi sur moi, cher Paul ; je ne suis pas à plaindre... J«
SAMUEL DAVIS, vieillard moribond, les jambes enveloiipées d'une couverture usée, assis dans un reste de fauteuil. UN Enfant dans vm mcchant berceau. PAUL DAVIS, placé entre le vieillard et l'enfant.
PAUL
Mon père, mon pauvre père, qu'éprouvcz- Tous ce malin? Vous avez pas^é une mauvaise nuit... vous soullrez eiuore beaucoup, je le vois, je le sens. Mon Dieu! (|ue dirait Geoijrc, ti'il vous retrouvait dans cet état '? Oli ! comment
ju'urrais-je donc vous soulager? «®« vais mourir, je touche à la lin de ma peine...
LES DEUX SERRURIERS
j'ai fait mon temps... Ah! s'il fallait pleurer, ce serait plutôt sur toi-même... sur ton IVère... sur ta liilc, sur vous tous, qui êtes jeunes... qui commencez la route que j'adiève aujourd'hui... Vous, e ;faiis, vous seuls êtes à plaindre, en vérité : vous avez à vivi-e, et vous sei'ez toujours l)auvres.Ce fut là mou destin; ce sera le vôtre, mes cnlaus:car vous n'hésiterez pas plus que moi entre la pauvreté et l'honneur.
scÈXE n.
Les Mêmes, LE PORTÏER.
LE porrriEn, frappant à la porte.
Excusez! c'est lîioi, le Portier...
PAUL
Entrez!
LE ponTlEn, entrant, à part.
Bonnes gens ! quel spectacle ! ça me fend le cœur.
PAUL
Que deaiandez-vous, William?
LE POLVriEa, ù part.
Et quelle commission à faire? comment leur dire? (Haut.) Eh bien! la santé, pèr... (Se reprciiaui.) Ai. Samuel?
Mauvaise, William.
LE PORTIER
Tant pis, M. Samuel, tant pis!.. (Hésitant.) Et il faut avec cela, que je vous ennuie...
SAMUEL
Que voulez-vous?
LE PORTIER, avec embarras.
Oh! c'est l'aO'aire... vous savez bien... la petite affaire du loyer... pouvez-vous le payer aujourd'hui?..
PAUL
Ilélas! non, pas encore aujourd'hui.
LE POP.TIEt\.
Ah! tant pis. ..je vas vous causer du chagrin... mais ce n'est pas ma faute !.. allez!.. Vous ne m'en voudrez pas M. Saniuel? (A part.) De si braves gens !.. enfin , il le faut.
SAMUF.L.
^.xpliquez-vous , William!