‹ ThéâtreChapitre 652 sur 971 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

MURRAY, JEiNNY, ROSALINDE.

ML'RRAY.

A-t on jamais vu? Parler ainsi à un liom;ne loinme moi le premier Ijaiiquier de la Cité!.. Ah ! si j'avais pu ouvrir celle caisse , je les aurais fait jeter à la porte avec leur argent... Après eut, ils étaient dans leur droit : le premier banquier ne vaut pas mieux que le dernier quand il ne paie pas. Maudite (aisse! quel ailront!.

Et il est déjà trois heures!.. Grand Dieu! si le serrurier n'était pas chez lui... Ah! pour le coup, je treuible... Ce serait bien une aulie honte, ma foi!., un autre malheur, oh! oui, un incalculable malheur.

ROSALINDE

Quelle agitation, mon frère!

MURRAY, avec humeur.

Au diable! laissez-moi!.. Un niarlcau , une srie, une ha(he, quehjue chose !.. Ah! j'oublie qu'il n'y a ni scie, ni maitcau qui fasscMit... Cette caisse est à l'épreuve du 1er et du feu... 11 n'y a que l'homme f|ui l'a fabri(piée qui puisse l'ouvrir... El il ne vient pas! Mais ma clé, ma clé, où ai-je mis ma clé?

ROSALINDE

Celte clé perdue m'intrigue. Ce n'est pas naturel. On vous l'a dérobée , bien sûr... Vos ennemis vous auront joué ce tour.

ML'RRAY.

Ah ! vous voilà toujours avec vos imaginations folles! Qu'y a-t-il de surnaturel à perdre luie clé? C'est un lutin, un démon au service de mes ennemis, qui aura soidllé dessus, n'est-ce pas? Vous allez i)riiir un roman avec ça, nous tourner la teie comme les (uuvres de vos auteurs vous l'ont tournée déjà... Oc(n|icz-vous doncplulôtdc lire, et laisscz-nous tranquilles.

ROSALINDE

Oh! si je parle ainsi, c'est que je connais l'envie cl la haine des bainjuiers contre vous. N'ont-ils pas répandu déjà mille calomnies sur votre compte?

JENNY , se levant.

Et quand croyez-vous avoir égaré votre clé , mon père?

MURRAY

Ce matin , sans doule ! Je suis sorti de bonne heure poui' aller visiter mes vaisseaux ; en rentrant, j'ai voulu ouvrir n;a caisse pour port^'r de l'argent à la Hantpic, et je n'ai plus trouvé ma clé sur moi. J'ai fouillé, cherché parloi;i en vain, .le l'aurai laissé tomber siu' le port eu daiis le bassin en tirant mon portefeuille. Rien de plus naturel, comme vous voyez... r.i, P'.'i-.j,

•®»co:']hîe de mallicur, j'ai à payer aujourdliui mè;i-,e 50,000 liv. eteri'ing à la Banque à q:uUre heures , et il est déjà trois heures... (11 regarde la pendule.) Trois hi ures un quart, mon Dieu! xMais, c'est incroyable comme le temps passe! Coiament faire? Je ne peu\ pourtant pas manquer l'heure de la Banque... et je ne peux ni emprunter, ni demander un délai. Qui croirait à l'aventure d'une clé perdue?.. Les misérables porteurs de ces deux petites traites en doutaient eux-mêmes. Que serait-ce de la Banque tl'Anglcterre pour une somme de 50,000 livres? Ne pas payer ta l'échéance , reculer d'un jour , d'une heure, ce serait perdre mon honneur, mon crédit, ma fortune même. Oui, avec les bruits de gêne et de faillite qui ont plané sur ma maison, on exigera tous les remî)oursemens àla fois. Faudra-t-il donc perdre celte considération, celte alliance, surtout, l'alliance de ma lille avec un lord , cotte alliance pour kKiuelle j'ai tout sacrilié?.. Mais si celle caisse ne s'ouvre pas, je suis déshonoré, ruiné...

JENNY

Mon père, votre inquiétude va trop loin.

nos ALI. M) K , à part.

Se tourmenter ainsi pour de l'argent... Y a-t-il donc dans la vie d'autres intérêts que ceux du cœur?

JENNY, à Murray.

Tout n'est pas désespéré ; prenez patience.

MIRUAY.

Je n'ai plus d'espoir que dans l'artisan qui a fait cette caisse, et 'l'om , que j'ai envo\é le chercher, n'est pas encore de retoui'. I e coquin aura bu en route , selon son habitude. Qu'on dépêche ajjrès lui Jack , Richard , tjlcphen , tout le monde.

JENNY

Voilà Tom.

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