‹ ThéâtreChapitre 696 sur 971 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

GEORGE, dans un cachot; BURL, dans l'autre. (six heures sonnent.)

GEORGE

Dans ce moment , on décide de mon sort !

BURL.

Six heures ?. . Messieurs les juges s'occupent de mon avenir.

GEORGE

Quelle destinée que la mienne!.. Je sauve la fortune du banquier Murray , et je suis arrêté comme voleur !.. Je veux lui sauver la vie, et je suis arrêté comme assassin !

BURL.

Est-ce qu'il me faudrait payer enfin les actes de mon passé?., mes incapacités à distinguer le lieu du mien?.. Oh ! que non !

GEORGE

Tout a tourné contre moi , mon adresse et ma vertu; oui, mon habileté et mon dévouaient.

BURL.

Fi de la résignation et du dévoûment. Sauvage, j'aurais été antropophage, j'ai fait à !a ville comme au désert. Pour vivre, j'ai mangé les autres !

GEORGE

C'est donc une volonté expresse , opiniâtre , qui me poursuit... une fatalité!., jusqu'à mon pauvre frère , que je retrouve ici de garde , dans celte prison, comme pour être témoin de mon supplice; car j'ai eu beau me débattre à l'audience contre ce misérai)le Burl, cette ombre sans cesse altaciiée à mon innocence, je n'ai pu rompre ce cercle de ftr qui m'étreint; la première accusation est revenue sur la seconde , et je n'ai plus d'espoir.

BURL.

Ai-je enfoncé l'auditoire ? J'ai tellement embrouillé, entortillé l'affaire , que John Bull me fera une collecte. Oui, j'ai bon espoir!..

GEORGE

Kon , plus d'espérance! la victime de Burl est dii.-on à toute eMrémité, elle expirera sans p arcr , sans pouvoir révéler le nom du coupable... (Jue Murray vive, mon Dieu! qu'il parle! car

je n'ai pas d'autres preuves de mon innocence

BURL.

Seigneur Hasard , fais que le banquier Murray meure sans souiller; car il n'y a pas d'autre preuve de mon crime!.. C'est égal, il a la vie dure... Oh ! un homme de métal , ça se conçoit.

GEORGE

Et Jenny, que pense-t-elle de moi?.. Si elle me croyait coupable ! Oh ! cette idée est mille fois plus terrible que la mort!

BURL , se levant.

Si le banquier parle , il faudra tenter l'évasion par cette porte; (il s'approche de la cloison et regarde par le trou de la serrure.) S'il meurt sans parler, j"ai mieux qu'une évasion à faire!.. J'ai un projet victorieux qui réparera tout, qui me rendra la fortune avec la liberté... Bienheureuse porte qui donne dans le cachot de George!.. (Bruit de serrure.) Mais j'entends venir le geôlier, tenons-nous coi !

Les MÊMES, LE GEOLIER, PAUL, entrant dans le cachot de George, par la porte du fond , jncc une lanterne, un panier et un trousseau de c'ts. LE GEOLIER, déposant uu des pains du panier.

Tenez, en attendant votre arrêt, voici votre souper.

GEORGE

Oui , on me nourrit, maintenant que jo dois mourir.

PAUL, à part, regardant George tristement.

Pauvre frère !

LE GEOLIER, à Paul.

Vous avez demandé à parler à l'accusé ; resicz avec lui, le temps que je fasse ma distribution de pain jusqu'au bout du corridor. Je vous reprendrai au retour; di-pêchez-vous !

(Il sort et ferme la porte i u fond. Bruit de serrure.)

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