PAVE
Mais je mourrai , si tu meurs ! N'es-tu pas la moitié de moi-même? ô mon frère! Ton sang est mon sang. Ion honneur est mon honneur, l'honneur et le sang de notre père! Je veux nous sauver tous deux en l'arrachant d'ici.
GEORGE
Paul, ah ! tu viens de prononcer un nom qui me rappelle tout mon devoir. Notre père, ami, (pie dirait-il si j'aeceplais ton dovoiienient ? La luite, d'ailleurs, ne serait-elle pas l'aveu du
doule , pour une partie de la nuit , car ils ont.^»*^'''""-' • ^^"' ' J^ *'^'^ ''^'""^'-''' " ^^^ ^" "''^ P'"°*
go LES DEUX SERRURIERS.
poses. Tu n'as pas le droit de me faire accepter ^&> ta vie contre la mienne.
PAUL , insistant toujours.
Mais, que veux-tu don<: que je devienne, seul sur la terre , quand je n'iuirai plus ni père , ni enfant, ni frère, personne à aimer? Veux-tu donc que je survive à tous, qu'on dise demain, en nous voyant passer : Tenez, c'est un frère qui conduit
BURL.
voyant passer
son frère à l'échafaud ! Non, jamais ! jamais je
ne survivrai à ton supplice , à notre honte !
GKORGE.
Rassure-toi : c'est moi qui exécuterai la sentence , quand ils l'auront rendue.
PAUL
Eh bien ! le coup qui te tuera me tuera.
GEORGE, avec entliousiasme.
Soit! nous nous présenterons donc ensemble, frère, au ciel , devant notre père et devant Dieu, nous tenant par la main , comme deux victimes frappées du même coup, rapportant h notre père tout son héritage, un nom intact comme ii nous l'a laissé,^ rapportant à Dieu une âme blanche et pure comme il nous l'a donnée. (Us s'agenouillent tous deux.) Dieu, qui nous écoutez, qui nous jugerez apiès les hommes , nous viendrons tous les deux en appeler à votre justice de la justice humaine , vous redemander lîue vie meilleure que la vie présente pour prix de la soullrance, avec le droit du martyre d'ici-bas. i{On entend le Geôlier ouvrir la porte du cachot de George.)