‹ ThéâtreChapitre 718 sur 971 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

MARTIAL, seul.

J'aimerais mieux une bonne épée!... Mais ils vont le tuer aussi... Ah ! sans mes émotions, comme je courrais le défendre... Mais va donc, animal, va donc!... Pas moyen, c'est coupé... c'est coupé... {Il montre ses jambes.) Ah! mon Dieu! j'entends lecliquelis desépées!.. V'ià que ça redouble... iMais, ventre -saint-gris, comme dit mon père, je ne peux pas le laisser mourir comme ça... (Il fait quelques pas vers la grille.) Ah! il revient, il soutient l'autre... il l'a déjà délivré !... [Avec admiralion.) Ah\ voilà un gaillard!... C'est celui-là qu'on aurait dû appeler Martial à ma place.. Maintenant que les jambes sont revenues, courons chercher quelque chose pour réconforter du moins celui que je n'ai pas pu défendre... il doit en avoir besoin.

Il entre dans la maison.

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L'INCONNU, soutenu par GEORGES, puis MARTIAL.

GEORGES

Seriez-vous blessé î

l'i\connu, assis et légèrement ému.

Non, ils m'ont renversé seulement .. Mais» vrai

Dieu ! mon jeune ami, vous êtes arrivé à temps

GEORGES

Les misérables se sont enfuis, et nous n'avons pu les reconnaître.

n va poser sur la table rustique l'épée qu'il tient à la main, puis va voir au fond.

l'inconnu, à part.

J'en ai reconnu un, moi, car dans le combat, son masque est tombé.

MARTIAL, entrant avec un plateau sur lequel est une timballe.

Tenez, c'est du bon... Prenez-moi ça, mon brave homme, ça vous fera dormir.

En disant ces mots, il lève les yeux sur l'inconnu, jette un cri étouffé et laisse tout tomber.

l'inconnu, prenant la main de Martial, Tais-toi... Tu ne me connais pas!

GEORGES, revenant*.

Qu'as-tu donc, Martial ?

MARTIAL

Rien, rien... {A lui-même.) En v'ià une émotion!... Je m'en vas chercher un second verre... mais celui-là pour moi!

Il rentre dans la maison.

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