‹ ThéâtreChapitre 736 sur 971 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

GEORGES

Pendant la scène prérédento, l'orage a prondé sourdement, l'obscurité ost devenup plus profonde. Après la sortie de Dominiqiip et de Martial, la scène est restée vide un moment Un homme enveloppé d'un manteau paraît sur le pont. Arrive jusqu'ù la port»' de la chapelle,

il s'arrête et se découvre. Cet homme, c'est Georges.

C'est ici! la main de Dieu m'a conduit; elle a

écarté tous les obstacles, éloigné tous les témoins elle me guidera, me soutiendra jusqu'au bout. Allons ! Séraphine, c'est ici que tu m'as donné rendez-vous! Comme tu vins à moi, il y a cinq ans, je vais à toi. ma fiancée 1... (Use dirige vers la chapelle; on le voit descendre les marches du caveau. Voruge redouble, lèvent s'engouffre dans la chapelle. Toutes les lumières séieignent. La chapelle reste alors comme la scène dans une obscurité complète. Tout à coup un grand cri se fait enten ire dans le caveau, puis Georges reparaît sortnnt de la chapelle, pâle et dans le plus grand désordre; i! tombe à genoux à quelques pas de la chapelle.] Grâce, mon Dieu, grâce pitié pour le profanateur! pour le sacrilège!... (Après un silence.) C'est une horrible vision! j'étais en délire... ( en ce moment on commence à voir Séraphine cm eloppée dans son linceul et montant lentement les degrés du caveau) quand j'ai soulevé le funèbre linceul... lorsque, respirant à peine, j'ai posé mes lèvres sur ce front pâle et glacé... Non, non, ces yeux et ints ne se sont pas ouverts... non, cettemain n'a pas serré la niieime... non, non. . Séraphine est morte! elle ne s'est pas ranimée! elle est là couchée dans son cercueil !...

En disant ces derniers mots, il a reporte ses regards du côté de la chapelle, mais il jette un cri, et tomhe les mains tendues vers Séraphine, qui est debout sur le seuil de la chapelle.

SÉRAPHINE descend lentement les marches, puis semble chercher à rappeler ses id^es, à reconnaître le lieu où elle se trouve. Elle aper(oi^ Georges, va vers lui, le regarde, pose ses mains sur sa tête, et dit d'une voix sans force: Georges! Georges!

Comme épuisée de cet effort, elle tombe dans les bras de Georges, qui se relève en disant :

GEORGES

Sa voix! c'est sa voix' Séraphine! c'est bien elle! et sous ma main... son cœur bat... Oh! elle existe, mon Dieu ! elle existe!.. Du secours, du secours!... Ou'all.iis-je faire? la rendre a celui qui l'allaii enterrer vivante! non, non, c'est a la mort que je l'ai reprise!... A présent, Séraphine, morte ou vivante, tu es à moi!...

11 soulève Séraphine évannuie et remporte; il trayerse avec elle le petit pont en bois et disparaît.

20 MAGASIN THÉÂTRAL

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