SCENE III Les Mêmes, DIANE
LE PRÉSIDENT
Approchez, mademoiselle, et rassurez-vous... Vous êtes devant un tribunal qui vous doit sa protection et qui vous entoure de son respect... [Silence prolongé.) Votre nom?
DIANE
Louise Diane de Chivri.
LE PRÉSIDENT
Vous jurez de dire la vérité?
Je le jure!... {Elle met la main Sur son cœur.) Oh! mon Dieu!...
LE PRÉSIDENT
Donnez un siège au témoin!... {Diane s'assied; Léonard prend un papier et écrit.) Soyez calme, mademoiselle; votre père est près de vous; et, dans cette enceinte, tous les cœurs vous honorent et vous plaignent... Remettez-vous, et veuillez me répondre...
DIANE
Ah!... je ne puis...
Le'onard e'crit pendant ce qui suit, M. DE CHIVRI.
Diane, ma fille... du courage...
DIANE
Mon père... il me semble que tous ces regards me brûlent.
LE PRÉSIDENT
Messieurs les jurés, nous accorderons au témoin un moment pour se remettre. {Léonard passe un papier écrit à son avocat, qui l'envoie au président, qui, après l'avoir lu, dit à la cour) : Messieurs, l'accusé me fait passer une note dont je dois vous donner connaissance... la voici : « Dé- >^ siraat épargner à mademoiselle de Cbiyri le ré-
DIANî: de CHiVRI
» cit douloureux qui va lui être demandé, j'ac- » cepte comme vrais tous les faits tels qu'ils ont » été établis dans l'acte d'accusation qui vous a » été lu... Je prie seulement monsieur le prési- » dent de vouloir bien adresser à mademoiselle de » Chivri les questions suivantes...» (/nif.) «De- » mandez-lui si, durant son séjour chez madame » de Kermic, Léonard Asthon a jamais passé des » journées entières hors du pavillon?... ou s'il » s'est jamais plaint à cette époque d'une blessure » récente?))
DIANE
Jamais!...