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SCÈNE V

MONTGERON, seul, et assis prés de la table à droite.

Richelieu échappera-t-il encore cette fois?... Depuis mon départ de la Faille, que je n'ai quitté qu'après avoir vu fermer la tombe de Séraphine, j'ai parcouru les provinces nouvellement soumises. Partout je me suis assuré du concours des chefs calvinistes, qui ne plient qu'en frémissant sous le joug de Richelieu. «Réussissez dans votre mission, m'a dit Marie de Médicis, et la main de mademoiselle d'Epernay est à vous. » [Avec une joie triomphante.) Mademoiselle d'Epernay, la plus riche héritière du Languedoc! mademoiselle d'Epernay, la favorite de la reine-mère!... Et lorsque le moment sera venu d'apprendre à tous mon premier mariage [avec aplomb), eh bien... je dirai que la mort a rompu des nœuds détestés, aU motnent où j'étais en instance auprès de la cour de Rome pour les rompre moi-même. Et maintenant, chassons tout souvenir importun! A moi l'avenir!... à moi l'immense fortune de mademoiselle d'Epernay et la faveur de Marie de Médicis.

En ce moment, il élève la voix, Séraphine relève la tête et regarde du côté de la cloison. L'Hôtelier, portant une bougie allumée, entre chez Montgeron, précédant le Courrier. Il pose sa lumière sur la petite table, près la porte de communication. A compter de ce moment, la chambre gauche est éclairée ; celle à droite dans l'obscurité.

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