‹ ThéâtreChapitre 743 sur 971 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

SÉRAPHINE, à gauche, MONTGERON, à droite.

Séraphine s'est appuyée contre la cloison. Montgeron est venu s'asseoir près de la petite table placée à côté de la porte de communication, qui seule le sépare de sa femme.

montgeron.

Lisons ce message. [Il lit.) « Monsieur le comte, » si ma lettre vous arrive à temps, hâtez-vous de » fuir... évitez l'échafaud!... »

SÉRAPHINE, qui a entendu.

L'échafaud !

Elle se rapproche de la porte.

montgeron, avec effroi.

Qu'ai-je lu? {Continuant vivement.) u Vous » êtes bien coupable, ou bien malheureux!... De- » puis le passage du cardinal dans notre ville, » d'affteux bruits circulent sur votre compte... » Votre mariage avec mademoiselle de la Faille » n'est plus un secret pour personne... Pour épou- » ser mademoiselle d'Epernay, dont la dot et le «crédit devaient relever votre fortune dissipée, » on assure que vous n'avez reculé devant au- » cune extrémité. »

SÉRAPHINE

Grand Dieu !

montgeron, continuant, après un silence.

« J'aurais voulu imposer silence à tous ces » bruits; mais aujourd'hui cela m'est devenu im- » possible. Un médecin célèbre, le docteur Gué- » nault, vous accuse hautement, de concert avec » un vieux serviteur de la Faille...»

SÉRAPHINE

Dominique I

montgeron.

« Ce Guénault est un homme énergique, Ib- » flexible dans ses résolutions... Il est venu me

MADEMOISELLE DE LA FAILLE

•ts

«trouver; il m'a demandé l'autorisation néce§-

» saire pour faire ouvrir le caveau de la chapelle » oîi est ensevelie madame de Montj^eron... Je » n ai pu la lui refuser, et au moment où je vous » écris, il part pour le château de la Faille...» {S' interrompant, avec effroi.) Il part... et cette lettre a trois jours dedate!

Il passe sa main sur son front.

SÉRAPHINE

Je me meurs!...

MONTGEROX, d'une voix plus émue.

Continuons... [Il lit.) «Dévoué comme vous à K la cause de la reine-mère, etconnaissant lahaute » faveur dont elle vcu» honore, je crois devoir » vous prévenir en toute hâte , pour que vous » puissiez gagner la frontière, si vous êtes coupa- » ble... ou aller à Paris confondre vos ennemis, » si vous êtes innocent. » [Silence. Parlant d'une voix éteinte.) J'ai bien lu!... Tout est découvert... Je suis perdu!... [Séraphine écoute. Se levant et cherchant dans sa pensée avec anxiété.) Mais non... ils n'auront pas de preuves... car je n'ai pas de complice... et le poison dont je me suis servi n'a jamais laissé de traces!... SÉRAPHINE, s' éloignant de la porte, en poussant un grand cri.

Horreur!...

MO.NTGERO.v, se Tetoumant vivement.

Qu'ai-je entendu?... un cri... là... près de moi!... Je n'étais donc pas seul?...

Il aperçoit la porte de coramunicàtion.

SÉRAPHINE, avec effroi.

Oh ! il me tuerait !

Elle pousse le verrou.

M0NT6ER0N, Voulant ouvrir.

Une porte qu'on essaye de fermer!... Oh! je la briserai, et je saurai qui vous êtes, vous qui possédez mon secret... [Il redouble d'eiforls,la porte cède. Séraphine épouvantée recule et tombe sur le canapé. M ontger on s'élance dans iavhambre; mais à la vue de Séraphine , qui se dressa pâle devant lui, il jette un cri de terreur, raculeàson tour au delà de laportede communication et se retrouve dans lapremiire chambre. Avec égarement.) Klle! elle!

Il reste un Tiionioiit comme frappé de la foudre. La porte du fond de la cliambre à droite s'ouvre, Georges parait. GEORGES, sans entrer, et à demi-voix.

Séraphine!

SKKAPUI.NE.

Georges!... .sauve-moi! sauve-moi!

GEORGES, s'empare de Séraphine mourante, et l'entraîne en disant.

Viens! nous n'avons qu'un moment 1

Ils sortent vivement. La porte se referme.

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