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SCÈNE y III

Les MÊMES, CONTRAN.

GONTRAN, entrant par la droite. Maréchal, vos chevaux sont prêts et vos pages à vos ordres.

Il fait un mouveraeut de surprise en apercevant Fabius.

FABIUS *. Le maréchal ne part plus pour combattre ; il ne va plus en guerre.

LE MARÉCHAL, tendant la mainàFabhis.

Non! je ne pars plus pour la frontière ; mais que mes pages nous attendent nous allons à Paris... à la cour du roi Louis XIII, à qui je veux présenter mon fils.

GOATRAN. Votre fils?

LE MARÉCHAL, allant à Contran **. Oui, Contran , Fabius le marin , qui a fait deux

fois le tour du monde, c'est mon fils que

je veux marier avec Marie.

CONTRAN. Marie !

LE MARÉCHAL. Marie , que Dieu me défend d'aimer depuis qu'il m'a mis au cœur toutes les joies paternelles.... Oui, Fabius et Marie, ce sont mes deux enfants que je veux combler... Ah! pour eux je me souviens que j'ai sauvé le roi, et ce blanc seing peut les faire nobles et puissants.

FABIUS. Quand nous rêvions le deuil , j'aurais pu accepter les avantages de ce blan seing. Maintenant, mon père, laissez-moi tou devoir à mon courage.

LE MARÉCHAL. Tu as raisou, mon fils, il nous porterait malheur. {Il s'apprête à le déchirer. S' arrêtant toutd coup. A Vincent, qui les a contemplés jusque-là.) Mais vous, mon père , qui donnez tant aux hommes , n'avez - vous rien à demander au roi de France ?

VINCENT. Moi!... Dieu puissant... Marie... Fabius! enfants autrefois délaissés, ne voyezvous pas le Seigneur qui vient de se servir de vous pour sauver tous vos frères ?... . Dieu

'Contran, Fabius, le Maréchal, Vincent, Marie. **Gontran, le Maréchal, Fabius, Vincent, Marie.

créateur!... c'est sur moi que tu répands toute la splendeur de ta divinité, c'est à moi que tu réservais le triomphe... Oh! ton disciple ne succombera pas sous l'éclat de la lumière qui l'inonde, et ta volonté sera faite à l'instant... sans retard... Maréchal, écrivez. {Musique à l'orchestre. Le Maréchal, qui vient de s' asseoir à la table à droite, écrit... Il dicte :) « La victoire que nous avons rem- » portée sur les Piochelois n'est due qu'au u secours de Dieu , qui veut que la France » reconnaissante enseigne au monde entier » l'œuvre de charité. Nous ordonnons que » des asiles seront ouverts. . . »

LE :\iARÉCHAL. Aux cufants abandonnés , n'est-ce pas , mon père ?. . .

VINCENT. Oui , mon frère. Et ajoutez , maréchal , « qu'ils seront , jusqu'à l'âge de » quinze ans , nourris aux frais de l'état, » {Prenant l'ordonnance.) Et cette ordonn ance irrévocable est signée du roi Louis XIII,

dont tous les rois seront jaloux. Et toi

pauvre innocence qu'on délaisse , ne crains plus que le froid n'engourdisse tes ailes ; le regard de Dieu te réchauffe... ne crains plus que la faim n'endorme ta jeune àme ; car la mère patrie se baisse pour te recueillir.

VOIX DES ENFANTS, dûKs l'cglise, CHŒL'U de Josepli ; Aux accents de notre harmonie.

Seigneur, qui veilles sur l'enfance Des orphelins à l'abandon, Donne à nos âmes l'espérance, Donne û nos mères le pardon !

VINCENT, avec gloire. Oui, chantez, enfants, la louange du Seigneur.

Il va ouvrir la grande porte du fond. On voit l'intérieur de l'église éclairé et rempli d'enfants à genoux. Les filles sont vêtues de bleu et blanc, les garçons de serge brune et linge blanc. Les deux sœurs Marthe et Ursule sont debout et tiennent leurs chapelets. Vincent, plein d'une exaltation divine, contemple les enfants. Le Maréchal, Marie, Fabius et Contran se prosternent. Et le rideau tombe pendant les chants des enfants trouvés.

FIN

PARIS. — IMPRIMERIE DE M™e ve DONDET-DUPRÉ,

rue Saint-Louis, 4e, au Marais.

PAMELA GIRAUD

PItCK i:.N r.lity ACTKS.

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