‹ ThéâtreChapitre 796 sur 971 · PAMÉLA, JULES · texte numérisé non relu

PAMÉLA, JULES

PAMÉLA. Monsieur Adolphe, vous voyez à quoi vous m'exposez... Le pauvre garçon est un ouvrier plein de cœur; il a un oncle assez riche pour l'établir; il veut m'épouser, et en un moment j'ai perdu mon avenir... et pour qui? je ne vous connais pas, et à la manière dont vous jouez l'existence d'une ! jeune lille qui n'a pour elle que sa bonne ' conduite, je devine que vous vous en croyez le droit... Vous êtes riche, et vous vous moquez des gens pauvres !

JULES. Non, ma chère Paméla... je sais qui vous" êtes, et je vous ai appréciée... Je ! vous aime, je suis riche, et nous ne nous quittel'ons Jamais. Ma voilure de Aoyage est chez un ami, à la Porte-Saini-Uenis; nous irons la prendre à pied; je vais m'i'mbar(pier pour l'Angleterre. Venez, je vous expliquerai mes intentions, car le moindre retard pourrait m'ôlre fatal.

PAMÉLA. Quoi?

JLLES. Et vous verrez. . .

PAMÉLA. Èl.es-vous daus votre bon sens, monsieur Adolphe? après m'avoir suivie depuis un mois, m'avoir vue deux fois au bal, et m'avoir écrit des déclarations comme les jeunes gens de votre sorte en font à toutes les femmes, vous venez me proposer de Im^ en blanc un enlèvement.

JULES. Ah! mon Dieu ! pas un instant de r(,'tard ! vous vous npenliriez de ceci toute . votre vie,. et vous vous apercevrez trop tard de la perte que vous aurez laite.

PAMÉLA. Mais, monsieur, lout peut se dire en deux mots.

JULES. Non... quand il s'agit d'un senei d'où dépend la vie de plusieurs hoimnes.

PAMÉLA. Mais, monsieur, s'il s'agit devons sauver la vie, quoique je n'y comprenne rien, et qui (pu vous .son*/., je ferai l)ien des rhoses;'mais de quelle milité jmis-ji' vous être dans votre fuite? pourquoi m'emmener en Angleterre?

JULES. >Liis, enfant!... l'on ne se délie pas de deux amants (pii s'enfuient!... eteiilin. je vous aime assez pour oublier tout, et encourir la colère de nus parents... une fois mariés à (Jre;it-na-(ireeii...

PAMÉLA. \h! mon Dieu!... moi, je suis toute bouleversée ! un beau jeum- homme (|ui vous presse... vous supplie... ei (|ui parif d'é|)(tiiser. ..

Ji LES. On monte... Je suis perdu !.. . \(»u> m'avez livré!. ..

i PAMÉLA. Monsieur Adolphe, vous me faile>

MAfiASI^ THEATRAL.

fK'iii !... que peut-il donc vous arriver?... Vtt« ndez. .. je vais voir.

JULES. En tout cas, prenez ces vingt mille francs sur 'vous, ils seront plus en sûreté qu'entre les mains de la justice... Je n'avais (ju'une demi-heure... et .. tout est-dit!

PAMÉtA. Ne craignez rien... c'est mon jx^re et ma mère!...

JULES. "Vous avez de l'esprit comme un ange... Je me fie à vous... mais songez qu'il faut sortir d'ici, sur le-champ, tous deux ; et je vous jure sur l'honneur au'il n'en résultera rien que de bon pour vous.

Page 1