‹ ThéâtreChapitre 814 sur 971 · M"- DU BROCARD, M->« ROUSSEAU, M. ROUSSEAU, BINET, DUPRE, JUSTINE · texte numérisé non relu

M"- DU BROCARD, M->« ROUSSEAU, M. ROUSSEAU, BINET, DUPRE, JUSTINE

Dupré est assis et parcourt son dossier.

>r* ROUSSEAU. Monsieur Dupré !

DUPRÉ. Oui, madame; si j'ai quitte un instant votre fils, c'est que j'ai voulu vous rassurer moi-même. .

M"'* DU BROCARD. Je VOUS le disais, ma sœur, il était impossible qu'on ne vînt pas bientôt nous apprendre... ici, chez moi, cour delà Sainte-Chapelle, dans le voisinage du palais, nous sommes à portée de savoir tout ce qui se passe à la cour d'assises. Mais asseyez-vous donc , monsieur Dupré. {ÂJmline.) Justine, de l'eau sucrée, — vite... ( A Dupré ) Ah 1 monsieur, nos remerciments. ROUSSEAU. Monsieur, vous avez plaidé!...

{A sa femme,) H a été magnifique.

DUPRÉ. Monsieur...

BINET, jilenrant. Oui, vous avez été maaniliquei il a été magnifique !

DUPRÉ. Ce n'est pas moi qu il faut remercier ! c'est cette enfant, cette Paméla qui a montré tant de courage.

BINET. Et moi donc !

M""= ROUSSEAU. Lui! {A Dupré y montrant Binet. ) La menace qu'il nous a fâte, l'aurait-il réalisée?

DUPRÉ. Non. Binet vous a servis.

BINET. C'est votre faute!... sans vous... ah'! bien... J'arrive bien décidé à tout brouiller mais de voir tout le monde, le président, les jurés, la foule, un silence à faire peur!...

je tremble un moment... pourtant je prends une résolution... on m'interroge, je vas pour répondre, et puis v'ià que mes yeux rencontrent ceux de mademoiselle Paméla, tout remplis de larmes... je sens une barre là... De l'autre côté je vois monsieur Jules.. . un beau garçon, une tête superbe, mais bien exposée ! un air tranquille, il semblait être là par curiosité. Ça me démonte ! « N'ayez pas peur, me dit le président... parlez...» Je n'y étais plus, moi ! Cependant la crainte de me compromettre... et puis j'avais juré de dire la vérité ; ma foi ! voilà monsieur qui fixe sur moi un œil. .. un œil qui semblait me dire. . . Je ne peux pas vous dire. . . ma langue s'entortille. . . il me prend une sueur, mon cœur se gonfle, et je me mets à pleurer comme un imbécile ! Vous avez été magnifique... alors, c'était fini, voyez-vous... il m'avait retourné complètement... voilà que je patauge... je dis que le 2U au soir, à une heure indue, j'ai surpris monsieur Jules chez Paméla... Paméla, que je devais épouser, que j'aime encore... de sorte que, si je l'épouse, on dira dans le quartier... voilà... ça m'est égal ! grand avocat ! ça m'est égal ! [A Jtistine. ) Donnez-moi de l'eau sucrée !

ROUSSEAU, M-"" ROUSSEAU et M"'" DU Bm- CMiB,àBinet. Mon ami!... brave garçon!

DUPRÉ. L'énergie de Paméla me donne bon espoir.... Un moment j'ai tremblé pendant sa déposition ; le procureur général la pressait vivement et refusait de croire à la vérité de son témoignage; elle a pâU! j'ai cru qu'elle allait s'évanouir !

BINET. Et moi donc ?

PAMÉLA GIRAUD

DiiPRÉ. Son dévouement a été complet. . . Vous ignorez tout ce qu'elle a fait pour vous, moi-même elle m'a trompé... elle s'est accusée, elle était innocente. Oh! j'ai tout deviné. Un seul instant elle a faibli ; mais un regard rapide jeté sur Jules, un feu subit remplaçant la pâleur qui couvrait son visage, nous a fait deviner qu'elle le sauvait; malgré le danger dont on la mcnaçaîl, une fois encore, à la face de tous, elle a renouvelé son aveu, et elle est retombée en pleurant dans les bras de sa mère.

Bi^ET. Oh ! bon cœur, va !

DUPRÉ. Mais je vous laisse ; l'audience doit ^ être reprise pour le 'résumé du président.

ROUSSEAU. Partons !

DUPRÉ. Un moment! pensez à Paméla, à cette jeune fille qui vient de compromettre son honneur pour vous ! pour lui !

BiNET. Quant à n\oi, je ne demande rien... Ah ! Dieu ! mais enfin, on m'a promis quelque chose...

M"* DU BROCARD ct M""= RODSSEAU. Ah 1

rien ne peut nous acquitter.

DUPRÉ. Très-bien! venez, messieurs, venez !

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