DUPRÉ, M. ROUSSEAU, M"* ROUSSEAU
M. ROUSSEAU. Monsieur, vous nous voyez désespérés... Madame du Brocard, ma bellesœur , est venue ce matin faire à ma fenune une foule d'histoires.
M"'* ROUSSEAU. Monsieur , j'en suis toute effrayée!...
DUPRÉ, lui offrant un siège. Permettez... madame. . .
M. ROUSSEAU. S'il faut l'en croire , voilà encore mon fds compromis.
DUPRÉ. C'est la vérité!...
M. ROUSSEAU. Je n'en sortirai pas!...
Pendant trois mois qu'a duré cette malheureuse affaire , j'ai abrégé ma vie de dix années!... Des spéculations magnifiques, des combinaisons sûres, j'ai tout sacrifié, tout laissé passer en d'autres mains. Enfin c'était fait !. .. Mais quand je crois tout terminé , il me faut encore . tout quitter , employer en démarches , en sollicitations , un temps précieux!...
DUPRÉ. Je vous plains!... Ah! je vous plains !...
M"'^ ROUSSEAU. Cependant il est impossible....
M. ROUSSEAU, c'est Votre faute î .. . celle de votre famille!... Madame du Brocard, avec sa particule , qui , dans le corn mencement, m'appelait toujours mon cher Rousseau... et qui me... parce que j'avais cent mille écus!...
DUPRÉ. C'est un beau vernis.
M. ROUSSEAU. Par ambition , par orgueil , elle s'est jetée au cou de monsieur de Verby. {De Verby et madame du Brocard écoutent , la tête hors du rideau , chacun de son côté. ) Joli couple!... charmants caractères, un brave d'antichambre !... {de Verby retire vivement sa tête) et une vieille dévote hypocrite.
Mme du Brocard cache la sienne.
M°'^ ROUSSEAU. Monsieur, c'est ma sœur!. . .
DUPRÉ. Ah ! vous allez trop loin !. . .
Ji. ROUSSEAU. Vous ne les connaissez pas!... Monsieur, je m'adresse à vous encore une fois?... Une nouvelle instruction doit être commencée!... Que devient cette petite?...
DUPRÉ. Cette petite est ma femme, monsieur!...
M. ET M""' ROUSSEAU. Votre femme!...
VERBY ET M'"* BROCARD. Sa femme !...
DUPRÉ. Oui , je l'épouse dès qu'elle sera libre. . . à moins qu'elle ne devienne la femme de votre fils!...
ROUSSEAU. La femme de mon fils!...
M'"'' ROUSSEAU. Que dit-il ?
DUPRÉ. Eh bien, qu'y a-t-il donc?. ..
cela vous étonne!... il faut pourtant vous faire à cette idée-là... car c'est ce que je demande.
ROUSSEAU, ironiquement. Ah! monsieur Dupré !... monsieur Dupré!... ce n'est pas que je tienne à M'^f de Verby... la nièce d'un
PAMÉLA GIRAUD
homme taré!... C'est cette folle de M"'*" du Brocard qui voulait faire ce beau mariage... mais de là à la fille d'un portier !
DUPRÉ. Il ne l'est plus, monsieur!...
M. ROUSSEAU. Comment! i
DUPRÉ. Il a perdu sa place à cause de vo- i
tre fils, et il va retourner en province vivre i
des rentes... {Rousseau prête l'oreille) que , vous lui ferez.
M. ROUSSEAU. Ah ! si vous plaisantez !.. . j DUPRÉ. C'est très-sérieux!... Votre fils t épousera leur fille... vous leur ferez une pension .
M. ROUSSEAU. Monsieur... 1
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