DE VERBY , M"'^ DU BROCARD, ROUS- SEAU
Ils restent un moment embarrassés et ne sachant quelle mine se faire.
BINET, s" approchant. Nous voilà gentils ! (il de Verby.) Dites donc... quand nous serons en prison, vous me soignerez, vous!... c'est que j'ai le cœur gonflé et le gousset vide!... {De Verby lui tourne le dos. A Rousseau.) Vous savez!... on m'a promis quelque chose !. . . {Rousseau s'éloigne sans lui répondre. A madame du Brocard. ) Dites donc. . . on m'a promis quelque chose. . .
M"'^ DU BROCARD. C'est bou !
M°" ROUSSEAU. Mais votre frayeur!... votre présence ici!... on vous y a donc poursuis?
BINET. Du tout!... Voilà quatre jours que je suis dans cette maison, caché dans le grenier comme un insecte.. . j'y suis venu parce que le père et la mère Giraud n'étaient plus chez eux ; ils ont été enlevés de leur domicile... Paméla aussi a disparu... elle est sans doute au secret. Oh! d'abord, moi, je n'ai pas envie de m'exposer; j'ai menti à la justice, c'est vrai... si on me condamne, pour qu'on m'acquitte je ferai des révélations ; je dénonce tout le monde!...
DE VERBY, vivement. Il le faut.
Il se met à la table et "'crit.
M"''DU BROCARD. Oh!... Jules! .. . Jules... maudit enfant!... qui est cause de tout cela.
M°" ROUSSEAU , à son mari. Vous le voyez!... cet homme vous tient tous!... Il faut consentir.
De Verby se lève, madame du Brocard prend sa place et écrit.
M""'" ROUSSEAU, à son mari. Mon ami ! je vous en supplie !...
ROUSSEAU, se décidant. Parbleu ! je puis promettre à ce diable d'avocat tout ce qu'il voudra ; Jules est à Bruxelles.
l.a porte s'ouvre, Binet pousse un cri , c'est Dupré qui paraît.
v\vv\\vv\\v\\\vv\\\ \\\v\x\vv^\wx\vvv\vv\\vv\\v\%\\/v\\\v\\v
SCI-NE IX.
Les .mêmes, DUPRÉ, s'avançant.
DUPRÉ. Eh bien ! ( Madame du Brocard lui remet la lettre tju'il a demandée; Verby lui donne la sienne; Rousseau l'examine.) Knfin!... {De Verby lance un reyard
furieux à Dupré et à la famille, et sort virement. A Rousseau.) Et vous,- monsieur.?
ROUSSEAU. Je laisse mon fils maître de faire ce qu'il voudra.
M"^ ROUSSEAU, O mon ami !
nUPRÉ, à part. Il le croit loin d'ici.
ROUSSEAU. Mais Jules est à Bruxelles , et il faut qu'il revienne.
DUPRÉ. Oh ! c'est parfaitement juste !. . . Il est bien clair que je ne peux pas exiger qu'à la minute. .. ici. . . tandis que lui. . . là-bas!. . . Ça n'aurait pas de sens.
ROUSSEAU. Certainement!... plus tard!...
DUPRÉ. Dès qu'il sera de retour.
ROUSSEAU. Oh! dès qu'il sera de retour!... {A part.) J'aurai soin de l'y faire rester.
DUPRÉ, allant vers la j^orle de gauche. Venez... venez, jeune homme... remerciez votre famille, qui consent à tout.
M™* ROUSSEAU. Jules!
M°" DU BROCARD. Mon nevcu !
JULES. Il se pourrait!...
DUPiîÉ , courant à l'autre chambre. Et vous, Paméla!... mon enfant!... ma fille!... embrassez votre mari !
Jules s'élance vers elle.
M'"^ bu BROCARD, à Rousseau. Comment se fait-il?...
DUPRÉ. Elle n'a pas été arrêtée !... elle ne le sera pas!... Je n'ai pas de titres; moi... je ne suis pas le frère d'un pair de France ! . .. mais j'ai quelque crédit. On a eu pitié de son dévouement... l'affaire est étouffée...
c'est ce que m'écrit IM. le garde des sceaux par une estaffette, un cavalier que ce nigaud a pris pour un régiment.
Bi>{ET. On ne voit pa-^bien par une lucarne.
M"* DU BROCARD. Monsieur, vous nous avez surpris; je reprends ma parole.
DUPRÉ. Et moi, je garde votre lettre. Vous voulez un procès?... bien!... je plaiderai...
GiRAUD ET SA FEMME, qui se sont approchés. Monsieur Dupré!...
DUPRÉ. Êtes-vous contents de moi?...
{Pendant ce temps, Jules et madame Rousseau ont supplié Rousseau de se laisser fléchir; Rousseau hésite, et finit par embrasser au front Paméla, qui s'est approchée en tremblant. Dupré s'avance vers Rousseau, et lui voyant embrasser Paméla, il lui tend la main en disant.) Bien, monsieur!... {A Jules, l'interrogeant.) Elle sera heureuse?...
JULES. Ah! mon ami!...
Paméla baise la main de Dupré.
BINET, à Dupré. Dites donc, monsieur, faut-il que je sois , bête !... ne le dites pas !... il l'épouse. .. et je me sens attendri!... Au moins, est-ce qu'il ne me reviendra pas quelque chose?
DUPRÉ. Si fait! je te donne mes honoraires dans cette affaire.
BINET. Ah! comptez sur ma reconnaissance.
DUPRÉ. C'est sur ton reçu cpie tu veux dire?...
FIN
PARIS. — IKPnilIERIE DE V» bONDET-DCPRB,
rue Saint-Louis, 46. au Marais.
Atlt III, 2"'ï TAlîLKAL. Sl.i'.NK iil.
LES BOHEMIENS DE PARIS
nr.AMF. KN CINQ ACTHS KT HUIT TAP.LFAIX.