SCÈNE PREMIÈRE
CHALUMEAU, POPLARD, plusieurs autres Bohémiens, les uns sous l'arche, les autres dans des bateaux , vidant l'eau.
Tontes les scènes des petits bohémiens doivent être jouées avec mystère et sans parler haut.
CHALUMEAU, du haut dupnnt. Brrrrrr!
TOUS, levant la tête. Quoi donc?
CHALUMEAU. C'est moi, c'est Chalumeau.
(// descend. ) Eh! Poplard ! quoique lu fais donc?
POPLARD. Attends... je prépare la chambre à coucher; je viens de retourner les matelats Jt je confectionne les oreillers... Qu'est-ce jui me passe de la paille î
PREMIER BOHÉMIEN. Voilà! Tiens, v'ià pour on lit de plume.
CHALUMEAU. Dis donc, Popiard !
POPLARD. De quoi ?
CHALUMEAU. N'en mets pas trop à ma place, mon bonhomme.
POPLARD. Pourquoi donc ça?
CHALUMEAU. Je veux pas m'habiluer à être coEiché tr(;p doucement; ou ne sait pas dans quelle position qu'on peut se trouver plus tard.
POPLARD. Ah ben, t'es pas comme moi, j'aime à être ben couché.
CHALUMEAU. On n'cst pas déjà si mal ici, on a la ri\ière qui vous berce comme une maman nourrice; seulement, y a uuc chose qui me chi lionne.
POPLARD. Et quoi donc?
CHALU.MEAU. C'cst d'avoii pas de rideaux.
TOUS.- Des rideaux!
CHALUMEAU. Oui, ça empêcherait les courants d'a'r. C'est si mal fermé sous les ponts.
POPLARD. A propos, tous les locataires sout-ils rentrés?
CHALUMEAU. Il manque encore l'abruti et le moderne.
POPLAKD. Ah ! oui, ce jeune homme qui vi?iit coucher ici depuis une huitaine de jouis. Faudra pourtant s'informer de ce que c'e.st, lui demander son non.
CHALUMEAU. As-tu pas peur de te compromettre!
POPLARD. Mais dame, faut savoir qui qu'on fréquente.
UNE VOIX, en dehors. Prrr...
TOUS. Qu'eat-ce que c'est que ça?
CHrxLU.MEAU. Ah! je connais, c'est un de mes amis, monsieur Plure d'Oignon.
POPLARD. Plure d'Oignon, j'en ai entendu dire. ..
CHALUMEAU. Laisse donc! c'est pas un filou, il ouvre les portières et il sert les maçons.
POPLARD. Faudra voir.
CHALUMEAU. îlchaute commc un rossignol, nous lui ferons gazouiller qu<'l'[uec!iose.
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