‹ ThéâtreChapitre 940 sur 971 · JACQUES IV, CHARLES · texte numérisé non relu

JACQUES IV, CHARLES

CHARLES, s' agenouillant. Sire, j'attends mon châtiment !

JACQUES. Relevez-vous monsieur , et répondez-moi !. . . {Charles se relève. ) Quel sentiment vous a donc fait insulter non pas un roi, mais un homme?

CHARLES. Celui qu'il serait inutile de vouloir vous cacher, la jalousie.

JAGQIES. La jalousie !. , .

CHARLES. Mantenant , sire, condamnez !. . . Tous les coups des hommes ne seront rien auprès de celui dont le malheur m'a frappé ! Cette femme, cause de l'injure que je vous ai faite, je l'aimais plus que la vie... plus que la gloire... et c'est la déception, mon roi, qui m'a rendu coupable ; mais vous êtes vengé, car j'ai reçu le coup mortel, en voyant se ternir tout à coup sous la honte et sous l'odieux mensonge l'idole blanche et radieuse que j'avais divinisée.

JACQUES, après un mouvement. Ainsi tu aimais Henriette ?

CHARLES. Oui, pauvre fou !

JACQUES. Mais Henriette t'aime-t-elle?

CHARLES. Elle!... plus fausse encore que belle!... pleurait de ma tristesse ou s'elTollait de ma joie!...

JACQUES. Qu'espérais-tu donc?

CHARLES. La faire ma femme un jour...

JACQUES. Et qui te l'a donc révélée coupable?

CHARLES, Tout ! maintenant que le bandeau se déchire, sa vie, son opulence, son mystère. . .

JACQUES. Mais si tu étais dans l'erreur ?

CHARLES. Sire... j'ai mérité votre colère, ne parlons plus de Henriette... punissez... je crains votre pardon...

JACQUES. Mais, enfant, tu te trompes.

CHARLES. Je ne me trompe pas, sire... je sais ce qu'Henriette est pour vous.

JACQUES. Elle est ma protégée !

CHARLES. Puis, autre chose encore.

JACQUES. Quoi donc?

CHARLES. Vous étcs le roi.

JACQUES. Qu'importe; dis...

CHARLES. .Jamais!...

JACQUES. Je le veux!... qu'est-elle?

CHARLES. Votre maîtfessej sire!

JACQUES. Tu mens !. . . elle est ma fdle !

CHARLES. Henriette?...

JACQUES. Silence !

CHARLES. Henriette est pure!... oh! sire.. (Tombant à Renoua;. ) Pardon... pitié!...

JACQUES, le relevant. Et si je m'entoure de tant de mystère, c'est que sa naissance se rapporte à une épocpie qui me défend de l'a-

vouer... Et tu ne saispasqui fut sa mère?....

CHARLES. Je le devine, sire... et je sais que Henriette n'est pas responsable eu crime de Catherine Patrick.

JACQUES, avec douleur. Catherine!... {Lui tendant la main.) Tu as un noble cœur,, ami... L'âge vient pour Henriette où l'âme souffre alors qu'on l'isole; je dois lui trouver pour époux un jeune homme discret, hardi, généreux, digne d'elle, et peut-être pourrastu le devenir un jour.

.CHARLES. Sire... tout mon sang coulerait pour sécher uiie de ses larmes.

JACQUES. Maintenant, retourne au palais; je ne veux pas que tu la revoies ici, tu jwurrais commettre quelque imprudence.

CHARLES. Oui, sire... car lajoie me donne le délire. Je pars !

Il va du côté du lazaret.

JACQUES, l'arrêtant. Ce n'est pas là le chemin... par ici!...

CHARLES. Oui... mais...

JACQUES, le conduisant. Quoi?

CHARLES. Soyez béni !

JACQUES. Je serai béni.

CHARLES. Si vous savicz. . .

JACQUES, le foussant. Je sais tout... vat'en !

CHARLES. Dieu vous protège !

Il sort par le fond.

JACQUES. Merci...

Il le suit des yeux.

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