JACQUES, HENRIETTE
Henriette entre et regarde autour d'elle.
JACQUES, remarquant son inquiétude.
Non, ilir'estplus ici... il vient de partir... et il m'a prié de te dire qu'il s'éloignait heureux.
HENRIETTE. Heureux!
JACQUES, Oui, nous nous sommes entendus:
LA SœUR DU MULETIER.
je le connais depuis longtemps... ligure-toi (ju'il était jaloux.
HENllIETTE. JaloU.v! • . ,
JACQUES. Oui, tu ne sais pas que Charles t'aime d'amour.
HENRIETTE, naïvement. Si... je i^ sais...
JACQIES. C/csl ([ue pendant ta maladie, lu aurais pu l'oublier.
HENRIETTE. .Ic ne l'ai pas oublie un seul instant. . ,
JACOUES. Vraiment! mais toi, 1 aimes-tu .
HENRIETTE. Si VOUS le connaissez, vous devez le comprendre.
JACQUES. Moi... je ne suis pas une jeune Me, mais toi... . .
HENRIETTE. Moi... jo SUIS uue jeune lille.
JACOUES. Et;qui l'aime ?
HENRIETTE. De toute mon âme.
JACQUES. Alors, je puis t'appprendre une bonne nouvelle.
HENRIETTE. Au sujetdc Charles.'
JACQUES. Oui.
HENRIETTE, vivement. Oh ! dites, natezvous ! (pi'est ce donc ?
JACQUES. Attends... calmons-nous... tout à l'heure... je ne i)uis te le dire ici.
HENRIETTE, regardant au fond. Maisnous sommes seuls. ., . i
j\couES, à part. Sovons prudent, j ai peur d'avoir fait un fou; évitons maintenant de faire une folle. {H'iut.) Cette nouvelle, mon | enfant, je ne pourrai te la dire, ({ue lors- (|ue nous serons arrivés à Edimbourg. |
HENRIETTE, vivement. Partons.
JACQUES, remettant son masque. >ous
allons partir. .
HENRIETTE. La nmle sera bien longue.
JACQUES. >ons fennis doubler l'attelage.
HENRIETTE. Kl uoiis irons plus vite... un jour comme celui-ci l'on peut bien, pour une ■fois, mettre (piatre mules à son carrosse.
JACOUES. On en mettra (piatre. {A part.) Elle a raison, mon Dieu, l'on ne ressuscite pas tous les jours. ^
HENRIETTE, pTcs delà iortic ugauche. ï^H
bien ! venez-vous?
JACOUES. Me voici... pardon... je viens. {En sortant.) H "e faut |)as vouloir respirer, (piand on doit contenter les amoureuv... Me voici, mon enfant..
Il sort à t^autbc avec Uenrictle.
V^v^^^v^^xv^vvtv^^v^^^vx^^vw^vvv^v^vxv^w^-^^^^^^^v^^v^Vvv•
SCKNE XVI.
CATHERINE, mile.
Elle sort de l'abbaye el lc> suit des yeux.
ElU; part avec ce prolecteur... elle dont la vue me causait tant d'émotions étranges el célestes... Oh! mon Dieu, pomcpioi in'avez- \oiis wisau cœur Uut d'espoir cl de souve-
nirs insensés... Non, elJen'esipasma fille... ' je ne dois pas l'espérer... mais elle se nomme Henriette, elle a dix-neuf ans. Et j'étais si heureuse de la voir... il me semble que mon existence m'a quittée dq)uis qu'elle est partie... mais elle ne va pas loin. Il n'y a que huit lieues d'ici à Edimbourg. Ediinl)ourg!... quand le sort m'a désignée pour venir en Ecosse. Je me suis mise en route , en me jurant que je ne m'approcherais jamais d'Edimbourg, et maintenant il faut que j'y aille; je ne peux plus vivre ici, non, il faut que je puisse passer pendant la nuit sous les fenêtres du roi d'Ecosse... il faut surtout... que je revoie cette jeune hlle... en marchant toute la nuit, demain au jour je serai à la ville ; mais comment y trouverai-je la demeure d'Henriette? ^^^^ réllédiit.
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