ROBERT, DICKSON
ROBERT. Oui, je viens seulement enfin de parvenir à quitter le roi.
DICKSON. Quelles sont ses espérances?
ROBERT. Il vient d'envoyer à tous les comtes et hauts dignitaires l'ordre de se rendre ici , ce matin même. Il veut réhabiliter en leur présence Catherine Patrick.
DICKSON. Il n'a pas de preuve matérielle de son innocence...
ROBERT. Il regarde l'arrestation de son frère comme une preuve de l'existence des coupables, et il veut seservii* d'abord de cette révélation (*n faveur de Catherine. Mais nous n'avons rien à craindre. . . Que nous hnporte la réhabilitation de cette femme? Je veux être, moi, le premier à la proclamer innocente... Patrick est le seul danger pour nous, Patrick auquel le roi mourant a sans doute nommé Robert.
DICKSON. Aussi faut-il que Patrick ne s'approche jamais du roi !.. .
ROBERT. Il serait déjà mort , si le roi ne m'avait toute cette |nuit gardé près de lui , mais il me reste assez de temps pour nous délivrer
du seul accusateur qui pourrait nous perdre. La prison qui le garde est bien secrète. . . et quand les nobles s'assembleront dans ce palais, le corps de Patrick sera déjà dans la rivière.
DICKSON. Vous n'avez pas de temps à perdre, milord.
ROBERT. Dans une heure, Patrick aura cessé de vivre.
DICKSON. Bien, milord, et avez-vous songé que le roi va maintenant, pour trouver le coupable, fouiller dans la vie passée de tous les anciens nobles?
ROBERT. Oui, et avant demain j'aurai jeté un soupçon dans l'âme du roi.
DICKSON. Et sur qui donc, milord?
ROBERT. Sur le comte Douglas, qui vient de mourir et dont on apprête les funérailles.
DICKSON. Le comte Douglas?...
ROBERT. Etait, tu le sais, un grand ennemi du roi Jacques III.
DICKSON. Oui...
ROBERT. 3Iort hier , il ne pourra pas se défendre; je dirigerai d'aliord surlui tous les soupçons du roi , et cela nous ■ donnera du temps. . . Je pars. . . toi, veille toujours. . .
DICKSON. Comptez sur moi.
ROBERT. Charles n'est pas de retour?
DICKSON. Non , milord... Ou est il donc aUé?...
ROBERT. Sans doute, par ordre du roi, préparer la réunion de ses nobles. Et Ralph?...
DICKSON. Sera silencieux.
ROBERT. Où est-il ?
DICKSON. Occupé aux funérailles du comte Douglas. . . Mais on vient. . .
ROBERT. Si c'était le roi?...
DICKSON, qui a ouvert la porte. C'est Charles. . .
CHARLES. Mon père...
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