SCÈNE XVI
Les Mêmes, JASMIN, avec les épées.
JASMIN
Colonel, Voici... (Apercevant les dames, il essaie de cacher les épées.)
LA COMTESSE
Des épées!...
LE COLONEL
Eh bien, oui, il se bat! Parbleu lia belle affaire pour un capitaine I
LA COMTESSE
Oh! ce n'est pas le danger qui m'épouvante le plus!... Femme d'un général, mère d'un officier, je dois m'habituer à leur voir faire le sacrifice de leur vie... et, quand c'est le devoir qui l'ordonne, je me tais! Mais cela... cela!...
SUZANNE
Mais pourquoi se bat-il donc?
LE COLONEL
Pourquoi? pourquoi? Eh! parbleu! pourquoi un jeune homme de vingt-cinq ans se bat-il?
SUZANNE
Comment?
LE COLONEL, à Suzanne.
Comme vous êtes pâle aussi, belle miss! Est-il heureux, ce coquin de capitaine !
LA COMTESSE
Colonel !
LE COLONEL
Allons! allons!... pas de larmes!... Qu'y a-t-ii de plus agréable que de se trouver en plein air, l'épée à la main, par un beau soleil, pour une jolie femme?...
SUZANNE
Une femme!...
LE COLONEL, s'éloignant.
Soyez tranquille! dans un quart d'heure, je vous le ramène vainqueur.
MADAME TAVERNIER, suivant le colonel.
Mon ami... veillez bien...
LE COLONEL
Soyez donc sans crainte.
SUZANNE, à la comtesse.
Quelle est cette femme?
LA COMTESSE, éperdue.
La femme de la rue de Ponthieu!... (Se jetant dans les bras de Suzanne.) Ah ! je n'ai plus d'espoir qu'en vous !
LE COLONEL, chantant l'air de Jean de Paris.
Tout à l'amour, tout à l'honneur.
Du vrai Français c'est la devise.
MISS SUZAXNi:. 37:1